Strasbourg doit rester la ville de l’égalité urbaine et de la co-construction

Strasbourg doit rester la ville de l’égalité urbaine et de la co-construction

J’ai publié aujourd’hui dans les Dernières Nouvelles d’Alsace une tribune concernant le projet de loi Egalité et Citoyenneté dont nous allons débuter l’examen en séance à l’Assemblée Nationale la semaine prochaine. En tant que rapporteur du titre sur le logement mais aussi en tant qu’élu local j’y rappelle que face à la ségrégation sociale et territoriale qui caractérise encore Strasbourg et d’autres métropoles, la Ville doit poursuivre les efforts entamés, notamment en matière de mixité sociale, dans sa politique de l’habitat et redoubler d’ardeur pour rester une ville de la concertation et de la co-construction.

 » Il y a plus de 25 ans, Catherine Trautmann mettait l’égalité urbaine au cœur de son projet pour Strasbourg. L’égalité urbaine, c’était alors l’idée que chacun devait avoir droit à la ville, d’y être libre de ses mouvements, de sa capacité à y vivre correctement et en bonne santé. C’est ce qui avait justifié le choix du tram pour permettre la mobilité, l’accès de tous à tous les endroits de la ville mais aussi la réduction de la circulation automobile et la pollution car les habitants les plus exposés sont aussi les plus modestes.

Nous vivons encore sur cette exigence. Elle reste le fil rouge de notre action quand nous donnons la priorité à la vie associative, à la rénovation et la construction de centres socioculturels, de maisons de la petite enfance, des maisons urbaines de santé,… Nous continuons à créer les conditions d’une égalité urbaine mais elle est encore trop formelle.

Il faut regarder la réalité en face : la ségrégation sociale et territoriale caractérise encore trop notre ville et bien d’autres dans notre pays. Elle est le reflet des inégalités sociales, le résultat de la concentration des plus riches dans certains secteurs par choix et des plus modestes souvent par contrainte dans d’autres.

C’est pour moi LA question à résoudre dans notre pays si nous voulons réellement faire « ville ensemble ».

La politique de l’habitat que nous menons depuis quelques années, avec mes collègues Alain Jund et Syamak Agha Babaei, que nous avons élaborée avec l’ensemble des acteurs concernés, doit permettre de freiner ce phénomène de ségrégation choisie d’un côté et subie de l’autre.

C’est pourquoi les efforts engagés en matière de logement doivent être poursuivis. L’objectif doit rester de permettre à chacun(e) de choisir l’endroit où il souhaite habiter. C’est l’égalité des possibles par le logement.

C’est d’ailleurs le cœur du projet de loi Egalité-Citoyenneté dont j’ai en charge la partie sur la mixité sociale dans l’habitat et dont nous allons débuter l’examen en séance à l’Assemblée Nationale la semaine prochaine.

La mesure principale de ce texte vise à mieux casser les ghettos, qu’ils concentrent les « riches » ou les plus modestes. Ainsi, tous les bailleurs sociaux devront consacrer au moins un quart des attributions de logements situés en dehors des quartiers fragiles aux demandeurs les plus pauvres. A titre d’exemple, les ménages les plus modestes se verront ainsi offrir l’opportunité d’habiter plus facilement à la Robertsau ou au centre-ville. Encore faut-il que des logements sociaux s’y créent, comme dans toutes les communes de l’agglomération, notamment celles de la seconde couronne.

C’est pourquoi, à côté de cette nouvelle politique des attributions, le texte clarifie les obligations des communes en matière de production de logements sociaux au titre de la loi SRU et renforce les sanctions contre celles qui font preuve de mauvaise volonté.

Partant de mon expérience locale, j’ai pour ma part enrichi le texte avec un nouveau chapitre consacré à la démocratie locative dans le logement social. Le nouvel article prévoit que les élections des représentants des locataires devront respecter le principe de parité entre les femmes et les hommes et que tous les bailleurs sociaux devront octroyer des moyens financiers aux associations de locataires. Nous avons aussi assoupli les conditions nécessaires au lancement d’une action de groupe dans le domaine du logement.

Dans ce domaine, comme dans les autres, il est impératif de donner les moyens à ceux qui s’engagent, pour mieux défendre les locataires, les habitants et cela, en toute indépendance.

En 2008, avec Roland Ries et Robert Herrmann, nous avons fait de Strasbourg un exemple de démocratie participative. Aucun élu n’a alors ménagé sa peine pour débattre des projets, confronter les idées, co-construire la ville de demain et même accepter d’avoir tort de temps en temps.

Comme pour l’égalité urbaine, la co-construction doit rester la marque de fabrique strasbourgeoise. Ne serait-ce que parce que tout ce qui est partagé est mieux compris et au final mieux accepté, il n’est plus envisageable de construire la ville sans ses habitants. Dans un passé récent, nos adversaires l’ont appris à leur dépens.

Philippe BIES

Député du Bas-Rhin

Conseiller municipal de Strasbourg »

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samedi 25 juin 2016 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Habitat + Logement, Lois, Presse

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