Migrations forcées, mon rapport est adopté !

Migrations forcées, mon rapport est adopté !

Ce matin, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté le rapport « Les migrations forcées : un nouvel enjeu » que je portais. Je m’y prononce pour la révision de la Convention de Genève de 1951 en y intégrant une définition des réfugiés climatiques et liés aux catastrophes naturelles, chimiques ou nucléaires. J’y relève par ailleurs le besoin d’identifier les régions et les populations à risque et de mieux les protéger par l’élaboration de politiques pour les victimes de catastrophes naturelles, chimiques ou nucléaires et de changements climatiques extrêmes.

La question des migrations forcées est reléguée à l’arrière-plan dans le paysage européen actuel, largement en raison, malheureusement, de la très grave situation des réfugiés syriens et des migrations en Méditerranée. Cette crise illustre bien la nécessité d’anticiper les phénomènes de flux migratoires et le besoin de faire évoluer un cadre juridique international insuffisant.

Aussi, nous ne devons pas négliger les autres causes de migrations et notamment climatiques qui selon certains experts pourraient atteindre 150 millions d’ici 2050 voire 200 millions selon le rapport Stern.

Aujourd’hui, aucun instrument juridique international ne protège les personnes forcées de se déplacer pour des raisons autres que politiques ou de sécurité. Des bonnes pratiques existent en Suède et en Finlande, qui accordent une protection temporaire portant sur les déplacements dits « environnementaux » et à travers l’Initiative Nansen en Norvège et en Suisse pour protéger les personnes déplacées suite à des catastrophes naturelles, chimiques ou nucléaires.

Cependant, ces cas sont rares et ne peuvent suffire à relever le défi.

Dans le rapport adopté ce matin par l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, je préconise une révision de la codification internationale en y intégrant une définition de ce type de migrant, ce qui renforcerait la reconnaissance internationale du phénomène. Cette révision de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés pourrait prendre la forme d’un protocole additionnel.

Je mets aussi en avant le besoin d’identifier les régions et les populations à risque et de mieux les protéger par l’élaboration de politiques pour les victimes de catastrophes naturelles, chimiques ou nucléaires et de changements climatiques extrêmes.

L’adoption de ce rapport constitue une étape importante mais est loin d’être la fin de la mobilisation sur un sujet qui demande du temps et des efforts.

Je compte le poursuivre prochainement dans le cadre de mes activités parlementaires et en lien avec les Nations Unies.

Enfin, il va s’en dire et je le relève dans le rapport, qu’à côté de ce travail de protection des migrants climatiques, rien ne remplacera la lutte contre le réchauffement climatique et le développement d’un nouveau modèle énergétique planétaire basé davantage sur les énergies renouvelables. La France et son Gouvernement avec la loi de transition énergétique et l’accord de la COP 21 à Paris, y prend sa part.

Télécharger le rapport : Rapport Migrations forcées – Résolution APCE

Voir l’interview donnée après l’adoption du rapport :


APCE – Migrations Forcées – Itw Philippe BIES par philstrasbourg

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vendredi 22 avril 2016 posté par philippe Bies dans Actualités, Conseil de l’Europe, Europe, Presse

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