Mon intervention sur le PLU en Conseil Municipal de Strasbourg

Mon intervention sur le PLU en Conseil Municipal de Strasbourg

Lors du Conseil Municipal du lundi 22 février dernier, nous avions à émettre un avis sur le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de l’Eurométropole de Strasbourg. Un document de planification stratégique qui intègre désormais le PLH (Programme Local de l’Habitat) et le PDU (Plan de Déplacement Urbain). L’occasion de rappeler le sens et la cohérence de nos politiques publiques. Je suis intervenu pour présenter la position du Groupe Socialiste et Républicain. Je vous invite à prendre connaissance des éléments de mon intervention.


Intervention de Philippe Bies, Conseil… par philstrasbourg

 » Le PLU ce n’est pas un fin en soi. C’est la traduction dans l’espace et dans des plans d’une vision d’un territoire à moyen-long terme en fonction de priorités politiques.

Ce qui fonde ce projet depuis plus de 25 ans maintenant, c’est l’égalité urbaine.

L’EGALITE URBAINE

L’égalité urbaine c’est le droit à la ville de chaque habitant. C’est sa liberté de mouvement dans la ville et dans l’agglomération et sa capacité à y vivre correctement et en bonne santé.

C’est ce qui a justifié le choix du tram pour permettre la mobilité, l’accès de tous à tous les endroits de la ville, mais aussi la réduction de la circulation automobile et la pollution car les habitants les plus exposés sont aussi les plus modestes.

Nous vivons encore sur cette exigence, véritable fil rouge de nos politiques publiques.

Les orientations inscrites en matière de transports et de déplacements dans le PLU vont dans ce sens. Non seulement il s’agit de poursuivre le maillage du réseau de transports en commun (avec les extensions du tram vers Koenigshoffen, la Robertsau,…), de vélo mais aussi l’amélioration de la qualité de l’air en lien avec les objectifs du Plan de Protection de l’Atmosphère.

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Nous avons poursuivi ce travail quand nous donnons la priorité à la vie associative, la rénovation/Construction des Centre socioculturels et des écoles, des maisons de la petite enfance, maisons urbaines de santé…

Nous créons les conditions d’une égalité urbaine, mais elle est encore trop formelle.

La ségrégation urbaine caractérise encore trop notre ville et notre agglomération. Elle est évidemment le reflet des inégalités sociales.

Les plus favorisées se concentrent dans quelques lieux où ils choisissent d’habiter. Les plus défavorisés, eux, se concentrent dans d’autres lieux qu’ils n’ont pas choisis, on parle alors de ségrégation subie.

Cela doit être pour nous LA question à résoudre.

La politique de l’habitat que nous menons depuis quelques années est en quelque sorte la seconde grande étape de l’égalité urbaine. Elle doit permettre à terme de résorber ce phénomène de ségrégation choisie d’un côté et subie de l’autre.

Chacun doit pouvoir choisir où il souhaite vivre dans la ville. C’est cette utopie qui doit nous animer.

Nous ne pouvons ainsi que nous réjouir de voir retranscrit dans le PLU nos objectifs en matière d’habitat.

La mise en place des Secteurs de Mixité Sociale (SMS) va dans ce sens et doit permettre la réalisation de logements locatifs sociaux dans les quartiers et les communes où l’offre est insuffisante.

Les objectifs de construction marquent aussi une réelle volonté d’accueillir de nouveaux habitants et de régénérer ainsi notre territoire. Un territoire qui n’accueille pas de nouvelles populations est un territoire qui régresse. 50 000 habitants supplémentaires à l’horizon 2030, c’est un objectif à la fois ambitieux et réaliste. Et la construction de 3000 logements par an ainsi que la création de 27000 emplois doivent permettre d’en créer les conditions.

DES ACTIVITES ET DES EMPLOIS DANS LA VILLE

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Créer 27 000 emplois d’ici 2030, c’est bien l’objectif de la feuille de route Eco 2030 et le PLU traduit dans l’espace les orientations de cette stratégie.

Les exemples les plus emblématiques sont bien entendu le projet Wacken-Europe, les Deux Rives ou encore le campus des technologies médicales.

Strasbourg est capitale européenne, c’est sa spécificité par rapport à d’autres métropoles. Mais il y a un risque à définir sa spécificité́ uniquement par sa fonction européenne.

Elle a d’autres spécificités : Université, capacités d’innovation, fonctions culturelles,…

Mais il s’agit aussi de revaloriser les fonctions industrielles et productives de la ville.

Le Port Autonome de Strasbourg représente non seulement la zone d’activité́ la plus importante de notre région mais aussi l’enjeu du maintien d’emplois qualifiés ou non dans la ville.

La Plaine des Bouchers est aussi un atout.

Il en va de même des activités commerciales qui doivent rester dans notre ville et notre agglomération. Cela a été évoqué. Je n’y reviens pas.

Ces zones commerciales qui trop souvent, et de manière injustifiée du point de vue de l’efficacité économique, ont grignoté progressivement l’espace agricole. L’agriculture est pourtant un autre secteur économique indispensable pour notre agglomération.

LA VILLE ECOLOGIQUE

Il faut ainsi noter l’effort important, sans doute un tournant pour notre territoire, de restitution de 800 hectares aux zones agricoles et naturelles par rapport aux prévisions inscrites dans les POS et PLU actuellement en vigueur.

Strasbourg contribue à hauteur de 95 hectares.

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Plusieurs secteurs à Strasbourg seront dédiés au maraîchage à la Meinau ou à la Robertsau. C’est là aussi un tournant déjà engagé lors du précédent mandat et qui se poursuit aujourd’hui. Avec les jardins ouvriers et les jardins partagés, il s’agit de permettre aux habitants de notre ville de se nourrir avec des produits de qualité, cultivé sur place, par eux-mêmes ou par des agriculteurs, maraîchers engagés dans une démarche de qualité.

Nous créons les conditions de la préservation de nos espaces naturelles. Nous construisons une ville plus écologique.

Il s’agit au bout du compte de passer du concept de « nature en ville » à celui de « ville en nature ». Dans le premier cas, on utilise les espaces libres qui restent entre les bâtiments, plus communément appelés « espaces verts », pour introduire ou réintroduire de la nature. Dans le second cas, on considère que la ville doit s’insérer et s’intégrer dans la nature dont elle préserve et renforce les richesses naturelles.

C’est tout le sens du parc naturel urbain par exemple ou du projet du Heyritz où la nature en place est préservée, voire valorisée et les espaces bâtis sont issus de la reconversion de friches.

J’aurais un regret personnel à exprimer : que le recours au coefficient de biotope par surface n’ait pas été retenu comme un outil pertinent de notre PLU pour assurer une meilleure place à la nature.

CONCLUSION

Pour conclure, à la fois les orientations du PLU mais aussi les demandes d’évolution du document formulées dans la délibération nous paraissent aller dans le bon sens.

Nous créons là comme je viens de le décrire, les conditions de la construction d’une ville plus juste, avec des activités et des emplois maintenus et développés dans la ville.

Une ville qui se développe à présent sur elle-même en préservant les espaces naturels et agricole.

Une ville qui gagne en attractivité à la fois par l’offre de logements qu’elle propose, son environnement et les activités qui s’y développent.

Une ville où chacun doit trouver sa place, c’est là notre priorité.

Il ne sera pas défendu d’aller encore plus loin demain.

Nous voterons donc en faveur de cette délibération sur le PLU et pour l’ensemble des demandes d’évolution ou de modification qui y sont formulées ».

 

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