Lettre ouverte aux parents d’élèves du collège

Lettre ouverte aux parents d’élèves du collège

La réforme des collèges présentée par Najat VALLAUD-BELKACEM, Ministre de l’Education Nationale fait débat. Des responsables politiques et certains intellectuels entretiennent la confusion, ou pire, émettent des contre-vérités. Vous entendez parler du Latin, du Grec, de l’Allemand, des classes bilangues qui seraient supprimées, du niveau qui serait forcément tiré vers le bas. Légitimement, vous vous inquiétez de l’avenir réservé à vos enfants.

Qu’en est-il vraiment ?

Depuis trois ans, l’Education nationale est de nouveau la priorité de la Nation.

Là où les gouvernements précédents supprimaient des postes d’enseignants, fermaient des classes, rabotaient le temps scolaire sans se soucier du rythme d’acquisition des connaissances des élèves, nous avons entrepris « la refondation de l’école ».

Le constat est unanime et dénoncé par des rapports internationaux : à l’école, depuis dix ans, le niveau baisse, les savoirs fondamentaux ne sont pas toujours maîtrisés, les enseignants n’étaient même plus formés à leur métier, des classes manquent de professeurs et chaque année, plus de 140 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification et sans maîtriser certains savoirs fondamentaux. Au lieu de tirer les jeunes générations vers le haut, l’école s’est limitée, faute de moyens et de méthode, à reproduire le plus souvent les inégalités sociales. Elle les augmente même au collège !

En dix ans, les inégalités se sont accrues. Entre élèves, entre établissements et entre territoires. La France a décroché dans les classements internationaux et le doute s’est installé dans la capacité de l’école à honorer la promesse républicaine qui est d’offrir sa chance à chacun.

Notre fil rouge depuis 3 ans : élever le niveau général de notre système éducatif.

Cela s’est traduit par la revalorisation de l’apprentissage des savoirs fondamentaux au cœur de l’école primaire, la réforme des rythmes scolaires, le recrutement d’enseignants supplémentaires, le rétablissement de leur formation et la concentration des moyens de l’éducation prioritaire sur les établissements en difficulté.

La nouvelle étape de la refondation de l’école de la République passe désormais par la réforme du collège portée par Najat VALLAUD-BELKACEM. Ce sont des années déterminantes pour la poursuite du cursus scolaire de chaque enfant. C’est durant ces années que décrochent un certain nombre de jeunes en difficulté, le collège étant devenu le maillon faible.

C’est dans ce but que la réforme du collège offre à chaque établissement les moyens de la maîtrise, par tous, des savoirs fondamentaux dans un monde qui change avec : des heures en petit groupe, des heures d’accompagnement personnalisé, des enseignements pratiques interdisciplinaires, davantage d’heures de langues vivantes, dès le primaire pour la première langue, dès la 5ème pour la seconde, l’apprentissage du travail en équipe et de l’expression orale, l’acquisition de compétences numériques,…

Cette nouvelle organisation du temps scolaire et ces méthodes adoptées par le conseil supérieur de l’éducation sont issues d’expériences qui ont fait la preuve de leur réussite partout où elles ont été pratiquées. Elles visent à tirer le niveau vers le haut.

Les élèves d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’ hier : ils vivent dans un monde ouvert, leurs modes d’accès aux savoirs se sont diversifiés. Les enseignants s’appuient aujourd’hui sur de nouvelles technologies dont il faut généraliser l’usage.

Nous sommes loin des rumeurs et contre-vérités colportées :

  • il est faux de dire que les langues anciennes ne seront plus enseignées. Au contraire : le Latin et le Grec seront proposés à davantage d’élèves.
  • il est faux de dire que l’enseignement de l’Allemand sera rogné. Au contraire : plus de 500 postes de professeurs d’Allemand seront ouverts à la rentrée prochaine. Pour les élèves qui débuteront une autre langue que l’anglais au CP (l’allemand par exemple comme en Alsace) ils auront la garantie de pouvoir apprendre l’anglais dès la 6ème. Donc en Alsace rien ne change si ce n’est pour les non bilangues qui commenceront leur 2ème langue en 5ème et non plus en 4ème.
  • il est faux de dire que l’enseignement de l’Histoire abandonnerait la chronologie ou bien encore ferait la part belle à l’histoire d’une religion au détriment d’une autre.

Depuis trois ans, à travers la refondation de l’école, nous n’avons qu’une ambition : donner sa chance à chaque élève. Nous voulons réduire les inégalités de destin. C’est notre projet pour l’école. Notre fidélité à l’idéal républicain.

Philippe BIES

Député du Bas-Rhin

 

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lundi 18 mai 2015 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Presse

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