Tribune : Construire la ville grandeur nature !

Tribune : Construire la ville grandeur nature !

Dans son dernier numéro le revue du Trombinoscope a consacré un dossier à « la ville durable : comment allier urbanisme et écologie ». J’ai contribué à ce dossier en rédigeant une tribune sur la « Ville grandeur nature » qui fait le point sur les avancées législatives dont je vous ai déjà fait part dans des billets précédents et sur ma vision d’une ville plus écologique. Je vous invite à découvrir le texte de cette tribune.

Construire la ville écologique, c’est prendre en compte la « performance carbone » (et pas seulement énergétique) du bâti. Une ville doit mettre en œuvre les choix qui privilégient la performance carbone à tous les autres, qu’il s’agisse des choix énergétiques ou de modes de transport mais aussi, et surtout, du choix des matériaux pour les bâtiments et l’aménagement des espaces publics.

Construire la ville écologique c’est arriver à faire émerger à tout endroit la nature spontanée en créant les conditions de cette profusion : laisser passer l’eau, créer les assolements utiles aux plantes autochtones, réfléchir aux bonnes liaisons entre les espèces végétales et animales,… La biodiversité s’accommode mal d’une trop grande intervention de l’Homme. La ville doit (re)devenir un écosystème dans lequel les cycles naturels et les interactions entre le minéral, le végétal et l’animal puissent s’épanouir.

Construire la ville écologique, c’est donner à chaque résident la capacité de cultiver ses fruits et légumes, en collectif ou en individuel. La ville de demain devra redevenir la ville nourricière qui aura réduit sa dépendance alimentaire et relocalisé le cycle production-consommation de ses habitants.

Il s’agit au bout du compte de passer du concept de « nature en ville » à celui de « ville en nature ». Dans le premier cas, on utilise les espaces libres qui restent entre les bâtiments, plus communément appelés « espaces verts », pour introduire ou réintroduire de la nature ; dans le second cas, on considère que la ville doit s’insérer et s’intégrer dans la nature dont elle préserve et renforce les richesses naturelles.

Les débats récents à l’Assemblée Nationale ont permis de renforcer la valorisation de la ville en nature, notamment dans le cadre de la loi ALUR, de la proposition de loi visant à mieux encadrer l’utilisation des produits phytosanitaires et tout récemment avec le projet de loi sur la biodiversité.

J’avais en tant que rapporteur pour avis du projet de loi ALUR contribué à faire adopter des mesures visant à mieux prendre en compte la biodiversité dans le code de l’urbanisme. J’ai par ailleurs proposé des mesures pour faire en sorte que l’urbanisation puisse être compatible avec la nature par l’instauration d’un dispositif du type « coefficient de biotope par surface » (CBS). Le CBS permet la sauvegarde d’espaces naturels en ville, en combinant les moyens susceptibles d’être mobilisés dans la conception même des bâtiments : sols, toitures et terrasses végétalisés, murs et façades végétalisés, surfaces alvéolées perméables,…

Pour donner suite au travail engagé dans la loi ALUR et permettre à tous les territoires, notamment en milieu urbain dense, de contribuer pleinement à assurer les continuités écologiques nécessaires à la préservation des milieux et des espèces, j’ai redéposé un amendement au projet de loi sur la biodiversité, sous la forme d’un article additionnel, porté par ma collègue Geneviève GAILLARD, rapporteur du texte, et adopté en commission.

C’est en prenant en compte la manière dont nous construisons nos villes, la qualité tant énergétique qu’environnementale des bâtiments, les matériaux durables qui permettent d’atteindre cette qualité, qu’elles seront à la hauteur pour relever le défi climatique qui est devant nous.

La ville écologique, c’est aussi la ville d’un nouveau modèle économique pourvoyeur d’emplois. Dans le domaine du bâtiment et des filières liées aux matériaux biosourcés (bois, paille, chanvre,…), il y a des gisements d’emplois importants qui participeront au redressement de notre pays. Le Gouvernement l’a bien compris et cela s’est traduit dans le projet de loi relatif à la transition énergétique que ce soit dans le domaine du bâtiment et de l’économie circulaire mais également dans les mesures sans précédent de soutien des ménages pour la rénovation des logements.

Philippe BIES

Député du Bas-Rhin

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mercredi 13 mai 2015 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement, Transition écologique

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