Faire vivre partout les valeurs de la République

Faire vivre partout les valeurs de la République

La réaction spontanée des Françaises et des Français suite aux actes barbares commis la semaine dernière, nous oblige nous les politiques, partout où nous sommes en responsabilité, à traduire cet élan pacifique avec volontarisme et fraternité mais sans naïveté.

Certaines réponses devront être immédiates pour assurer la sécurité dans notre pays. Le Premier Ministre les a évoquées aujourd’hui même à la tribune de l’Assemblée Nationale. Il faut évidemment continuer à travailler sans relâche au redressement économique de la France car la misère, le désarroi social constituent les terreaux habituels du fanatisme et de l’embrigadement.

Nous devons aussi engager un travail moins visible, plus long, mais indispensable. Il nous faut reconstruire « une spiritualité laïque commune » comme l’a nommée Abd Al Malik, artiste strasbourgeois, et raviver l’esprit républicain, celui-là même qui nous fait appartenir à la seule communauté qui vaille : la Nation. Ce travail en profondeur ne peut que passer par l’éducation, la culture et une action résolue pour l’égalité urbaine. Ce sera le travail de toute une génération.

La Ministre de l’Education nationale a rappelé que les nouveaux programmes en préparation prévoient un enseignement moral et civique dès la prochaine rentrée, un plan ambitieux pour développer la pédagogie de la laïcité et des valeurs de la République. Seuls les enseignants dont c’est la mission, ont la capacité d’apporter cette connaissance, cette ouverture, ces valeurs à leurs élèves.

Le Président de la République a affirmé lors de ses vœux que le service civique pouvait être un moyen de trouver sa place dans la société. Pourquoi ne pas envisager, selon des modalités à définir, de le rendre obligatoire. Cela permettrait au milieu associatif, aux institutions mais également aux collectivités territoriales d’accueillir des jeunes qui pourrait réaliser des projets liés à la citoyenneté, la laïcité et aux valeurs républicaines. La Ville de Strasbourg pourrait avoir un rôle précurseur.

Strasbourg Capitale des droits de l’Homme, de la démocratie et de la culture, doit également être à la hauteur de ces enjeux. C’est pourquoi je souhaite que nous traduisions concrètement cette ambition en actions à la fois symboliques, pédagogiques et concrètes.

– Il convient de poursuivre et d’amplifier le travail de transformation urbaine des quartiers tout en mettant encore davantage l’Humain au cœur notre action.

– En hommage aux victimes du terrorisme mais aussi pour poursuivre l’élan fraternel du 11 janvier, nous pourrions baptiser une place publique d’un quartier populaire : « Place Charlie », avec en amont un travail pédagogique. Cette place rebaptisée pourrait être inaugurée dès le 3 mai prochain, date de la journée internationale pour la liberté de la presse.

– Une œuvre artistique pourrait trouver sa place dans l’allée des droits humains, aux côtés de la statue de Gandhi. Ce travail devra être le fruit d’une démarche interculturelle et d’une collaboration entre la Ville, l’Education nationale, les acteurs de la culture et de l’éducation populaire et toutes les instances de démocratie locale dont le conseil des jeunes, le conseil des résidents étrangers et tous les conseils de quartier qui souhaiteront s’associer à cette démarche.

Je soumets ces premières propositions au débat citoyen annoncé par le Maire de Strasbourg, Roland Ries.

Philippe BIES / Député du Bas-Rhin / Conseiller municipal de Strasbourg

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mardi 13 janvier 2015 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, En circonscription, Meinau, Neuhof - Stockfeld, Port du Rhin, Presse

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