Coût du nucléaire, engager la transition … vite !

Coût du nucléaire, engager la transition … vite !

Prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires françaises présente un coût considérable, quelques 90 milliards d’euros d’ici à 2033. Cette facture, calculée par la Cour des comptes à la demande de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les coûts de la filière nucléaire, révèle une information essentielle à la décision publique, au moment où le gouvernement rédige le projet de loi sur la transition énergétique. Je reprends ici l’analyse faite par Jean-Paul CHANTEGUET, Président de la Commission du développement durable de l’Assemblée Nationale, et que je partage.

Entre 2017 et 2027, 80% de nos réacteurs, conçus pour durer environ 30 ans, auront déjà fonctionné 40 ans. Le souhait d’EDF de prolonger encore l’ensemble du parc au-delà de cette durée, entraîne deux types de dépenses comptabilisées par la Cour des comptes. Celles destinées à la rénovation ou au remplacement des composants, qui ne peuvent pas fonctionner au-delà de 40 ans et celles correspondant aux mesures de sécurité rendues obligatoires après l’accident de Fukushima.

Le prix de l’électricité pour le consommateur devrait donc s’accroître fortement, puisqu’il dépend à 40% du coût de l’électricité nucléaire. Sans compter que s’y ajouteront les dépenses, au montant fort incertain selon la Cour des comptes, du démantèlement des réacteurs, qui devront de toute façon être arrêtés, et de la gestion des déchets. Le chiffrage d’un éventuel accident, toujours peu documenté, oscille, selon sa gravité, entre 120 et 450 milliards d’euros.

Quant au coût d’éventuels réacteurs EPR remplaçant l’actuelle génération, il reste impossible à chiffrer, selon la Cour des comptes, puisque celui de Flamanville, encore en construction, est déjà passé de 3,3 milliards d’euros en 2005 à 8,5 milliards aujourd’hui.

La publication de ces coûts, longtemps occultés, de la filière électronucléaire doit permettre de procéder à de véritables comparaisons avec ceux des énergies renouvelables, et de définir le juste mix énergétique sur le plan économique, au-delà même de toute considération sur les risques nucléaires et sur notre incapacité actuelle à démanteler les réacteurs comme à stocker les déchets.

Demain ce nouveau mix, s’appuyant également sur l’efficacité et la sobriété énergétique, devra de toute façon permettre de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et de diminuer notre facture d’importation de produits fossiles (près de 70 milliards d’euros). Ce nouveau mix est aussi créateur d’emplois, il n’y a donc pas de temps à perdre.

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mercredi 28 mai 2014 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Transition écologique

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