Projet de stockage des déchets radioactifs en profondeur : audition du président de la CNDP

Projet de stockage des déchets radioactifs en profondeur : audition du président de la CNDP

J’ai participé aujourd’hui à l’audition de Christian Leyrit, Président de la Commission nationale du débat public (CNDP), en commission du développement durable, sur le bilan du débat CIGEO (projet de stockage des déchets radioactifs en Meuse/Haute-Marne).

Je l’ai interrogé à cette occasion sur l’opportunité de revoir le calendrier de réalisation de ce projet tant les incertitudes sur sa faisabilité (sureté, coût, adaptabilité…) sont grandes et sur la possibilité de relancer le débat sur ce projet une fois la loi sur la transition énergétique adoptée.

Sur le calendrier de réalisation du projet, le Président de la CNDP a indiqué que celui-ci serait effectivement revu.

Texte de l’intervention (vidéo à venir) :

Monsieur le Président,

Je suis Député dans une région, l’Alsace, très concernée à court terme par la transition énergétique dont la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim marque sans doute la première étape, voulue et attendue par de nombreux élus et habitants.

Je reviens sur le projet CIGEO. Quand il s’agit de nucléaire le débat est souvent difficile et parfois irrationnel. Vous le faites d’ailleurs remarquer dans vos conclusions, il est urgent de restaurer un climat de plus grande confiance entre les citoyens, les experts, le maître d’ouvrage et les pouvoirs publics sur ce dossier, faute de quoi on en arrivera à des blocages, comme sur d’autres dossiers d’ailleurs.

Sans juger de l’opportunité du projet, il me semble qu’une certaine opacité est de tradition dans le secteur de l’industrie nucléaire. Cela peut aussi expliquer les difficultés à débattre sereinement.

Une fois n’est pas coutume, plusieurs facteurs d’incertitude sur ce projet de centre de stockage n’arrangent rien : peu de garanties en matière de sureté, le coût reste difficile à évaluer (compris dans une fourchette de 13,5 milliards d’euros à 36 milliards d’euros), et surtout l’adaptabilité du projet en fonction du scénario de politique énergétique de la France n’est pas assurée.

L’IRSN estime que le calendrier du projet prévu dans la loi de 2006 est d’ailleurs beaucoup trop tendu.

Aussi, que pensez-vous de l’opportunité de recaler le calendrier du projet, dont la mise en service est programmée pour 2025, avec une mise en chantier en 2019 et des années d’études et d’instruction ? Seriez-vous prêt à proposer de relancer un nouveau débat une fois la loi sur la transition énergétique votée afin de mieux appréhender ce projet ?

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mardi 6 mai 2014 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Interventions, Transition écologique

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