Mon intervention à l’inauguration du Pôle de l’Habitat Social à Strasbourg

Mon intervention à l’inauguration du Pôle de l’Habitat Social à Strasbourg

Inauguration du pôle de l’habitat social

de la Ville et de la Communauté Urbaine de Strasbourg

Jeudi 21 novembre 2013 – 11h00

Intervention de Philippe BIES, Député,

Président de CUS Habitat et d’Habitation Moderne

On a pour habitude de terminer les discours par les remerciements. Je vais un peu bousculer le protocole pour vous remercier toutes et tous, collaboratrices et collaborateurs de CUS Habitat et d’Habitation Moderne, pour votre engagement. Vous êtes quotidiennement au service des locataires, à l’écoute de leurs doléances. Je veux vous dire que si nous avons souhaité réaliser ce nouveau bâtiment, c’est aussi pour vous. Il apporte un cadre respectueux de votre travail. Il doit aussi nous permettre de faire évoluer ensemble notre image par son esthétique contemporaine, bien intégrée dans son environnement, visible, facilement identifiable pour nous positionner dans l’agglomération strasbourgeoise comme un acteur incontournable de l’habitat social.

Vous vous êtes pleinement mobilisés ces dernières années, sous la houlette de Bernard Matter et de Jean-Bernard Dambier, que je remercie ici tout particulièrement, chaleureusement et à qui je tiens aussi à réaffirmer mon amitié. Vous vous êtes mobilisés à la fois pour la réalisation de ce nouveau Pôle de l’Habitat social mais aussi pour nous permettre d’atteindre les objectifs de construction de logements sociaux ambitieux fixés par la collectivité au regard des besoins mais aussi pour améliorer l’état du patrimoine existant notamment à travers un important programme de rénovation thermique afin de lutter contre la précarité énergétique.

C’est bien le besoin en logements pour tous, en rénovation du patrimoine existant, encore d’actualité malgré nos efforts, qui guide notre action. La situation du logement à Strasbourg en 2008 était en effet préoccupante. Nous n’étions pas les seuls à le dire : tous les professionnels faisaient le même constat. Les besoins en logements étaient importants et peu avait été réalisé notamment pour ce qui concerne la construction de logements sociaux.

Roland Ries et Jacques Bigot ont alors fait du logement une priorité politique locale. Ils m’ont confié la mission en 2008 de réaliser l’un de nos principaux engagements de campagne, c’est-à-dire construire 1500 logements sociaux par an et autant de logements privés pour relancer une dynamique dans ce domaine.

Pour ce faire, nous avons d’abord mobilisé l’ensemble des acteurs afin de co-construire une nouvelle politique de l’habitat qui a trouvé sa traduction opérationnelle en 2009 dans le 4ème Programme Local de l’Habitat de la Communauté urbaine de Strasbourg.

Nous avons, au niveau communautaire, doublé le budget Habitat pour donner les moyens financiers à notre ambition, avec un effort important pour l’acquisition de terrains en vue de reconstituer des réserves foncières.

Mais mobiliser de nouveaux moyens, les services de la CUS, les acteurs et les professionnels du logement ne suffisait pas. Il fallait adapter nos outils que sont CUS Habitat et Habitation Moderne à ces objectifs locaux et aux évolutions dans le monde du logement social.

Le plan de consolidation de CUS Habitat, rendu nécessaire par la situation critique dans laquelle nous avions trouvé l’office, et la démarche d’absorption de Perspective Habitat par Habitation moderne en 2010, constituait un préalable. Pour être plus fort et plus efficace, j’ai souhaité rapprocher les deux bailleurs afin de disposer d’une véritable « force de frappe ». C’est tout le sens de la construction de ce nouveau siège commun : constituer un « pôle » qui atteindra bientôt 30 000 logements.

Le Pôle de l’Habitat social, ce bâtiment, c’est aussi la volonté de bien accueillir le public, « nos locataires ». La façon dont le public est accueilli et le service qu’on lui offre sont des éléments déterminants pour la bonne marche de nos activités. Ce bâtiment offre un lieu d’accueil spacieux, ouvert par des baies vitrées sur les aménagements extérieurs. Il est accessible par tout moyen de transport des quatre coins de l’agglomération. Il est situé à proximité du Centre administratif et du futur siège de la CAF. Cela facilitera les démarches de nombre de nos locataires qui bénéficient aussi des services offerts par ces institutions.

Respectueux des locataires, des agents, ce bâtiment est aussi respectueux de l’environnement. C’est très technique mais je tiens à rappeler qu’il est équipé d’un chauffage relié au chauffage urbain et une pompe à chaleur. Il est construit avec des matériaux de qualité, du bois notamment, et certifié BBC Energivie.

Ce bâtiment, je l’ai dit, nous le devons à notre volonté de constituer un lieu capable d’offrir à nos collaborateurs et collaboratrices de bonnes conditions de travail, de mieux accueillir le public et nous le devons finalement aussi à ceux qui l’ont bien conçu car ils ont bien compris nos orientations, je pense bien entendu à l’atelier MONGIELLO & PLISSON. Je pense aussi à l’ensemble des entreprises et aux ouvriers du bâtiment qui ont bâti avec nous ce beau projet !

Qu’ils en soient ici remerciés.

Un beau bâtiment qui contribue d’ailleurs pleinement à l’aménagement des Deux Rives et du quartier du Heyritz où nous inventons aussi « la Ville en nature ». La « Ville en nature », c’est aller vers une vision écologique en prenant en compte toutes ses fonctions. Le Parc du Heyritz, au cœur duquel est construit le Pôle de l’Habitat social, avec ses 7 hectares, sera un premier projet révélateur de ce nouvel équilibre entre urbanisation et préservation de la biodiversité.

Une politique qui produit des résultats ne peut être réalisée qu’en mobilisant les bons outils, les bonnes personnes, au bon moment et en agissant simplement pour le bien de nos concitoyens. C’est d’ailleurs tout le sens de la priorité donnée par Roland Ries à la vie quotidienne des gens, dont le logement au même titre que l’emploi, l’éducation, la culture, la santé et aussi la sécurité, fait partie. C’est tout le sens de ce qu’on appelait le « socialisme municipal » initié à Strasbourg par Jacques Peirotes et dans les pas duquel nous nous inscrivons. C’est ce même socialisme municipal qui a d’ailleurs trouvé en 1989 une nouvelle manière de s’exprimer avec Catherine Trautmann au travers de l’idée « d’égalité urbaine » au fondement même du retour du tram à Strasbourg.

 

Jacques Peirotes a été le maire de réalisations nouvelles qui marquent encore aujourd’hui notre ville. Je pense notamment à l’urbanisation des faubourgs industriels, la création d’un port autonome moderne ou encore la création de la ceinture verte.

Mais Jacques Peirotes a été surtout un maire bâtisseur d’habitat social. Il est le fondateur en 1923 de l’Office d’Habitation à Bon Marché, ancêtre de CUS Habitat. A partir de cette date, il fait de cet office le principal outil d’une politique du logement social sans précédent. Il présidera l’office jusqu’à sa mort en 1935 et réalisera avec l’architecte de la Ville Paul Dopff, la Cité-jardin Jules Siegfried, la Cité Georges Risler à Neudorf, la Cité Loucheur au Port du Rhin, pour ne citer qu’elles. C’est aussi indirectement l’inspirateur d’Habitation Moderne créée en 1951, société à laquelle on doit notamment la Cité du Hohberg et la Cité de l’Ill qui font l’objet d’importants travaux de réhabilitation.

Cet héritage, ce n’est pas celui des socialistes seuls. Jacques Peirotes a su dépasser les clivages traditionnels et être le Maire de tous les Strasbourgeois. Son action aujourd’hui, qui a pourtant subi à l’époque l’ire de la population, est reconnue de tous.

Quand on se penche quelques instants sur ce passé, les similitudes avec l’époque actuelle sont troublantes. Oui, nous renouons en quelque sorte avec une vieille tradition de construction et d’innovation sociale qui a marqué l’urbanisme à Strasbourg et la vie quotidienne de ses habitants depuis lors.

En hommage à ce grand Maire, au fondateur et au Président de l’Office d’Habitation à Bon Marché de 1923 à 1935, j’ai souhaité que nous baptisions la salle des conseils « Salle Jacques PEIROTES ». Nous dévoilerons la plaque dans quelques minutes avec Roland Ries.

Cet hommage est aussi dédié aux présidents successifs de CUS Habitat et d’Habitation Moderne. Ils ont, chacun à leur manière et avec leurs méthodes, apporté leur pierre à l’édifice.

Jacques Peirotes a définitivement fait entrer Strasbourg dans le 20ème siècle. Nous faisons définitivement entrer notre ville dans le 21ème siècle avec la même idée, mais quelque peu mise au goût du jour, de créer les conditions propices à la construction de logements pour tous. La réalisation de ce Pôle de l’Habitat social, comme celle de l’Office d’Habitation Bon Marché en 1923, vient encore renforcer notre action pour nos concitoyens qui attendent un logement adapté à leur situation et à leurs besoins.

Je vous remercie.

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Roland RIES, Maire de Strasbourg – Discours d’inauguration

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Présentation architecturale du siège par les architectes de l’atelier Mongiello et Plisson

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Roland RIES et Philippe BIES, visite des nouveaux bureaux

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Visite du nouvel atelier de CUS Habitat

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Le siège et la bâche avec les portraits des collaboratrices et collaborateur de CUS Habitat et HM

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Geste inaugural du Pôle de l’Habitat social

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Cour intérieure du Pôle de l’Habitat social, un sol perméable et de la nature à venir

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Le parc du Heyritz en cours de réalisation, à proximité du Pôle de l’Habitat social

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Vue extérieure du nouvel atelier de CUS Habitat

 

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jeudi 21 novembre 2013 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement

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