Une avancée pour les quartiers populaires

Une avancée pour les quartiers populaires

Tribune sur la loi de cohésion urbaine parue ce matin dans les DNA

Allier l’Humain et l’Urbain

La loi de cohésion urbaine que nous voterons le 27 novembre prochain à l’Assemblée Nationale, dont je suis le rapporteur pour avis, a la volonté de remettre « l’humain », les habitants, au cœur de la politique de la ville. Elle est le fruit d’une concertation nationale de plusieurs mois. Un grand débat avait d’ailleurs eu lieu à la Meinau en présence de François Lamy, Ministre de la Ville. Aujourd’hui, les propositions formulées par les acteurs œuvrant dans ce domaine ont en grande partie trouvé une traduction dans la loi.

D’abord, nous sortons enfin d’un zonage stigmatisant. Les quartiers populaires seront prioritaires, un point c’est tout. Les moyens seront concentrés sur ceux qui connaissent le plus de difficultés.  Les agglomérations seront en première ligne et devront élaborer un projet global, au travers du contrat de ville. Il n’y aura plus d’un côté l’action sur l’urbain et de l’autre celle sur l’humain : les deux seront étroitement liées.

L’humain d’abord : l’accès à la culture, à une éducation de qualité, à l’emploi, à l’ensemble de la ville par les transports, la lutte contre la précarité énergétique sont désormais inscrits dans la loi comme des objectifs prioritaires de la politique en faveur des quartiers populaires. Les moyens seront ainsi concentrés sur ces objectifs concrets qui touchent au quotidien des gens. En matière de lutte contre les discriminations, la loi fait enfin de la discrimination à l’adresse un délit pénal. C’est une avancée importante pour tous les jeunes et moins jeunes de nos quartiers victimes de discriminations à l’embauche par exemple.

L’urbain toujours : cette loi, c’est aussi le lancement d’un nouveau programme national de renouvellement urbain mobilisant 5 milliards d’euros là où le premier programme en 2003 n’en prévoyait que la moitié. Les quartiers de Strasbourg devront en bénéficier. Ce sera l’occasion de parfaire la transformation de Hautepierre, du Neuhof, de la Meinau et d’autres quartiers.

Les projets seront « co-construits »  avec les habitants et non plus simplement concertés. Les conseils citoyens et les espaces dédiés par projet seront les principaux outils de cette co-construction. Ce principe de co-construction inscrit cette semaine dans la loi par les Députés peut paraître symbolique. Il aura pourtant des effets importants sur la manière de réaliser les projets de renouvellement urbain.

Par ailleurs, les nouveaux contrats de ville devront couvrir la période du mandat municipal. Les quartiers populaires défavorisés et leurs habitants seront ainsi un enjeu central des prochaines élections. Chaque candidat devra dire quel est son projet et sa vision pour le développement social et urbain des quartiers à l’horizon 2020.

L’action réalisée à Strasbourg par Roland RIES et son équipe va déjà dans le sens des avancées que contient la loi. La « co-construction » des projets, au cœur de la gouvernance de la ville depuis 2008, pourra être encore renforcée.

Les moyens de transports, tous types confondus (vélo, tram, BHNS…) devront principalement bénéficier aux quartiers prioritaires. Il en va de même de la rénovation des écoles et de l’ensemble des activités périscolaires, des activités culturelles et socio-culturelles qui pourront être proposées. Nous devrons pleinement mobiliser les emplois d’avenir et les emplois francs destinés aux habitants des quartiers pour y faire enfin baisser le chômage et plus particulièrement celui des jeunes. Dans le domaine économique, la Banque Publique d’Investissement (BPI) pourra être mobilisée pour concrétiser une stratégie dédiée à l’implantation et à la création d’entreprises, en lien notamment avec les pépinières d’entreprises, telle que celle que nous avons créée dans le quartier de Hautepierre.

La sécurité, qui est pour nous un droit au même titre que l’éducation, la santé ou le logement, doit continuer à être assurée par un travail collectif entre les élus, la police municipale et nationale, les travailleurs sociaux et les habitants pour permettre de consolider les bons résultats obtenus dans le cadre du dispositif de sécurité prioritaire dont bénéficient d’ores et déjà les quartiers du Neuhof et de la Meinau.

Enfin, dans le domaine du logement, la mixité sociale est en marche dans les quartiers. Si la construction de logements neufs en accession à la propriété, sociale ou libre, en est en partie à l’origine, il convient à présent de l’amplifier en réformant la manière d’attribuer les logements. En effet, la mixité sociale doit aussi être un objectif au sein même du logement social.

Ce ne sont là que quelques pistes pour concrétiser des projets plus humains sans négliger pour autant l’urbanisme. Cette nouvelle loi est une avancée pour les quartiers populaires. Elle rend possible notre engagement de réaliser l’égalité urbaine
dans notre pays et à Strasbourg ! 

Philippe BIES

Député de la deuxième circonscription du Bas-Rhin

 

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samedi 16 novembre 2013 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Habitat + Logement, Lois, Meinau, Neuhof - Stockfeld, Port du Rhin

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