Logement : un bilan incontestable face aux mensonges

Logement : un bilan incontestable face aux mensonges

Dans une tribune parue dans les DNA dans la rubrique « La ville en débat », je défends le choix de la ville dense, tout en ménageant la préservation de la biodiversité. J’entends aussi répondre aux critiques adressées à la majorité municipale à Strasbourg.

La situation dans laquelle se trouve notre pays et notre région mériterait un débat de fond et serein. Mais à quelques mois des élections municipales, l’opposition par le biais de Fabienne Keller multiplie les critiques et les discours simplistes, sans proposer de véritable alternative. Directement ou par des intermédiaires peu inspirés, elle nous sert sa vieille rengaine sur le bétonnage, la densité ou la ville « bradée » aux promoteurs.

Avec Roland Ries, nous assumons le choix de la densité et la construction de logements, notamment pour l’écoquartier Danube. Il est d’ailleurs savoureux de voir l’opposition nous reprocher de construire sur un terrain dit « pollué » alors que ce projet a été initié par Fabienne Keller qui, sur ce sujet, semble frappée d’amnésie. D’autres métropoles ont pourtant fait le choix de la densité, comme Bordeaux où Alain Juppé n’hésite pas à déclarer qu’il faut « à la fois densifier et lutter contre l’étalement urbain » avec la construction dans son agglomération de 50 000 à 60 000 logements d’ici 2030, soit 3 000 par an. C’est le même objectif que nous nous sommes fixé à Strasbourg avec 1 500 logements sociaux et 1 500 logements en accession à la propriété construits par an.

Il était impératif de rattraper le retard pris avant 2008, tout le monde le reconnaît aujourd’hui. Pour y parvenir, mais aussi pour répondre aux évolutions dans le monde du logement social en France, il fallait faire évoluer CUS Habitat et Habitation Moderne. Pour être plus efficace, nous avons rapproché ces deux outils afin de disposer d’une « force de frappe ». C’est tout le sens de la construction du nouveau siège commun au Heyritz : constituer un véritable « pôle public de l’habitat » fort de près de 30 000 logements.

Ce « pôle public de l’habitat » permettra d’améliorer le service rendu aux locataires dans un lieu central et facilement accessible des quatre coins de l’agglomération. Ces nouveaux bureaux ne sont évidemment pas ceux du président. C’est l’outil de nombreux salariés dévoués à qui nous allons offrir de bonnes conditions de travail. Enfin, il ne s’agit pas de se cacher mais bien d’être visible par le plus grand nombre. Nous ferons évoluer notre image avec des bâtiments modernes, bien intégrés dans leurs environnements, facilement identifiables pour nous positionner dans l’agglomération comme un acteur incontournable de l’habitat dont ses salariés, ses locataires et l’ensemble des Strasbourgeois pourront être fiers.

Notre bilan est reconnu au niveau national et régional mais aussi et surtout par les milliers de Strasbourgeoises et de Strasbourgeois qui ont eu accès à un logement de qualité. En 2007, seulement 610 logements aidés étaient construits dans la CUS. Aujourd’hui, on en produit plus de 2000. L’engagement de Roland Ries était de 1 500 logements sociaux, nous l’avons tenu.

Entre 2008 et 2013 avec Jacques Bigot, nous avons augmenté le budget habitat de la CUS de 230 %. La CUS est redevenue le moteur du BTP dans notre région avec près de 50 % de l’activité assurée grâce aux projets que nous réalisons. C’était à peine 26 % en 2007.

Mais contrairement aux allégations de certains, nous ne faisons pas que construire. Si nous avons fait le choix de la densité, nous pensons aussi qu’il existe différentes manières de la décliner en fonction du contexte urbain et environnemental, c’est-à-dire en prenant en compte la nature dans toutes ses dimensions. C’est ce point de vue, en tant que rapporteur pour avis, que j’ai fait prévaloir lors de l’examen du projet de loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) à l’Assemblée nationale. Je l’ai fait avec d’autant plus de convictions que nous avons commencé à construire ce nouveau rapport avec la nature à Strasbourg. C’est tout le sens de la démarche Zéro pesticide ou du développement de la nature vivrière (haies fruitières, vergers, jardins potagers, etc.). Le parc du Heyritz avec ses 7 hectares sera un premier projet révélateur de ce nouvel équilibre entre urbanisation et préservation de la biodiversité. C’est le premier parc de cette taille créé dans le centre-ville depuis le parc de la Citadelle en 1970 !

Enfin, depuis un peu plus d’un an maintenant, que ce soit en matière de construction de logements pour tous ou de lutte contre l’étalement urbain, la volonté nationale est au diapason des politiques souvent ambitieuses que nous avons réalisées localement, ici à Strasbourg. Les mesures engagées par le gouvernement en faveur du logement produiront également leurs effets sur l’emploi dans les mois à venir, comme à Strasbourg où notre politique du logement assure près de 3 000 emplois par an dans le BTP. Mettre un frein à cette politique comme Fabienne Keller souhaite le faire croire, c’est fragiliser un secteur essentiel de notre économie, comme ce fut le cas de 2001 à 2008.

Il nous faut au contraire poursuivre et ajuster la dynamique impulsée par Roland Ries et son équipe pour continuer à faire bouger Strasbourg, son agglomération et demain, l’Eurométropole !

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1 Réponse à “Logement : un bilan incontestable face aux mensonges”

  1. Christian Ferrand dit :

    M.Le Député, combien de logements construits le sont sous le régime du PLAI (pour les personnes ou familles les plus défavorisées)? Comment également prendre en compte les familles des classes moyennes qui n’entrent pas dans les critères d’accès aux logements sociaux mais qui ont de grandes difficultés à se maintenir dans le privé? Pour le reste, je suis relativement d’accord avec votre bilan.

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