Situation des producteurs alsaciens de fruits et légumes

Situation des producteurs alsaciens de fruits et légumes

Question écrite n° 26294 publiée le 14 mai 2013

M. Philippe Bies interroge M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur la situation des producteurs de légumes français exposés à des distorsions de concurrence entre pays européens qui ne leur permettraient plus d’être compétitifs. Le président de la section Fruits et légumes de la FRSEA Alsace a récemment appelé l’attention des parlementaires alsaciens sur ce sujet. L’Alsace est particulièrement exposée à la concurrence de l’Allemagne qui compte deux catégories de salariés : ceux couverts par un régime de protection sociale, et ceux n’ayant a priori aucun droit du fait de l’absence de cotisations sociales. Ces pratiques de dumping social entre pays européens occasionnent des pertes d’emplois importantes et irréversibles dans un secteur d’activité déjà fortement exposé à d’autres aléas, notamment climatiques. Il lui demande quelles sont ses intentions pour éviter cette distorsion de concurrence et soutenir la filière de production de fruits et légumes de France, et plus particulièrement la filière alsacienne.

Réponse du ministère

La recherche d’une plus grande compétitivité est une des clés de la réussite de la France dans la bataille pour l’emploi que mène le Gouvernement. En agriculture, l’exonération de charges pour l’emploi de travailleurs saisonniers tout comme l’application du crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) doivent y contribuer pleinement.

C’est au regard de l’enjeu de compétitivité que la dotation au titre de l’exonération de charges patronales pour l’embauche de travailleurs occasionnels et demandeurs d’emploi du secteur agricole et des contrats vendanges a été maintenue au même niveau qu’en 2012, soit un engagement à hauteur de 506,8 millions d’euros. Par ailleurs, cet allègement de charges sociales peut se cumuler avec le CICE prévu par l’article 66 de la dernière loi de finances rectificative pour 2012. Peuvent bénéficier de ce crédit d’impôt équivalent à 6 % des salaires inférieurs à 2,5 salaire minimum de croissance l’ensemble des entreprises employant des salariés, imposées à l’impôt sur les sociétéss ou à l’impôt sur le revenu d’après leur bénéfice réel, quel que soit le mode d’exploitation (entreprise individuelle, société de personnes, société de capitaux…), et quel que soit le secteur d’activité (agricole, artisanal, commercial, industriel, de services…).

La compétitivité de l’agriculture française ne dépend pas seulement de la baisse du coût du travail. Les facteurs d’innovation, le financement et l’investissement des entreprises, la formation sont également trois axes forts de soutien à la compétitivité. Les mesures annoncées dans le cadre du pacte national pour la compétitivité, la croissance et l’emploi visent à traiter toutes ces dimensions. Par ailleurs, l’harmonisation des régimes sociaux à l’échelle européenne figure parmi les objectifs essentiels que le Gouvernement français s’attache à poursuivre.

Dans cette perspective, la France soutient la démarche que la Commission européenne a engagée, avec l’ensemble des États membres et en concertation avec les partenaires sociaux, afin que soit complété le cadre juridique communautaire, et notamment la directive 96/71 CE du 16 décembre 1996 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d’une prestation de services ainsi que la directive 2008/104 CE du 19 novembre 2008 relative au travail intérimaire. Cette réforme de la législation communautaire permettra de préserver l’équilibre entre la libre prestation de services et la protection des droits des salariés. De plus, elle garantira également aux entreprises des conditions de concurrence plus équitables sur le territoire national et européen.

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mercredi 5 juin 2013 posté par philippe Bies dans Actualités, Questions au gouvernement

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