Oui à l’exemplarité en politique, non à la surenchère

Tribune publiée sur le site www.rue89strasbourg.com  

Afin de retisser le lien de confiance entre élus et citoyens, un lien de plus en plus fragilisé, le Président de la République a souhaité répondre à trois enjeux dans les plus brefs délais. Ces enjeux sont d’assurer la transparence de la vie publique, lutter contre la délinquance économique et financière et lutter contre les paradis fiscaux.

Ces mesures sont nécessaires, surtout en temps de crise où tant d’efforts sont demandés aux Français. Cette exemplarité retrouvée est la condition pour mener à bien le redressement budgétaire et productif du pays. Mais, l’exemplarité en politique, ce n’est pas que cela.

Être présent

L’exemplarité, c’est aussi honorer de sa présence et de son travail les mandats pour lesquels les citoyens nous ont attribué leur confiance. A cet égard, les leçons de moralité de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont pour le moins déplacées, quand on sait leur investissement très superficiel dans leur mandat européen. Il en va de même de Jean-Louis Borloo, qui est récemment venu nous dire qu’il fallait un maire d’envergure nationale à Strasbourg, alors qu’il fait partie des 40 députés les moins présents à l’Assemblée Nationale.

Pour avoir une véritable influence au niveau national, il ne suffit pas d’être présent dans les médias, il faut aussi participer au travail parlementaire en relation avec les ministères. C’est, par exemple, ce que j’ai fait pour défendre le régime local d’assurance maladie d’Alsace-Moselle dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la sécurisation de l’emploi.

Tenir ses engagements

L’exemplarité, c’est aussi tenir ses engagements. Et de ce point de vue, le gouvernement et le Président de la République n’ont pas à rougir. Sur les 60 engagements de François Hollande, plus de la moitié ont déjà été réalisés ou sont en cours de réalisation. Pour ma part, j’ai fait de ces engagements les miens. J’en ai pris d’autres à titre personnel. J’ai notamment tenu mon engagement de ne pas cumuler mon mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale.

J’ai démissionné de mes responsabilités à la Ville et à la Communauté urbaine de Strasbourg. C’était d’ailleurs une règle posée par mon parti. J’ai, comme je l’avais annoncé, rendu publique l’utilisation de ma réserve parlementaire. Lors de mon bilan annuel de mandat, je détaillerai l’utilisation de mon indemnité de frais sur l’année écoulée. Ceci est un engagement que j’avais aussi pris publiquement.

Être responsable, ne pas verser dans la surenchère

L’exemplarité, c’est aussi être responsable et ne pas verser dans la surenchère. Quand le Président de la République annonce des mesures sur la déclaration de patrimoine des Ministres et des parlementaires, il le fait pour améliorer la transparence de la vie publique, et non pour lancer un concours de celui ou celle qui publiera le premier cette déclaration avant que la loi l’y oblige. L’initiative de la sénatrice et ancienne maire de Strasbourg est de ce point de vue déplacée et a pour unique objectif de faire parler d’elle.

Or, le but de cette mesure est de vérifier qu’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel en profitant d’une situation. C’est pourquoi la déclaration de patrimoine est faite à l’entrée en fonctions d’un ministre ou d’un parlementaire et à sa sortie, aux services compétents. C’est en cohérence avec les autres mesures annoncées concernant la lutte contre les conflits d’intérêt et la fraude fiscale.

Car finalement, il importe peu aux citoyens de savoir si leurs élus sont riches ou pauvres, ils veulent avant tout qu’ils soient honnêtes et qu’ils tiennent leurs engagements. Et si un engagement ne peut être tenu, il faut alors en expliquer les raisons. J’ai pour ma part tenu mes engagements, je n’ai à aucun moment annoncé que je publierai ma déclaration de patrimoine, considérant que cela relevait de ma vie personnelle. Je le ferai donc quand la loi l’exigera.

Mais, ne nous trompons pas de débat. Nos concitoyens attendent de leurs élus qu’ils apportent des réponses à la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. L’exemplarité n’est pas une fin en soi, c’est la condition du redressement moral, économique, social et écologique.

Philippe BIES

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mercredi 17 avril 2013 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Presse

1 Réponse à “Oui à l’exemplarité en politique, non à la surenchère”

  1. Fritsch Antoinette dit :

    Super bien dit. Je sais que vous êtes honnête. c’est ce que j’aime vraiment. Les gens qui ne ne mènnent pas en « barque » et qui réalisent ce qu’ils disent.
    Merci mR Bies

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