Grand Hamster d’Alsace : ma question au Commissaire européen à l’environnement

Grand Hamster d’Alsace : ma question au Commissaire européen à l’environnement


Question de Philippe BIES sur le grand hamster… par philstrasbourg

Le texte de ma question:

« Monsieur le Commissaire,

L’insuffisance des mesures de préservation du Grand Hamster d’Alsace fait l’objet, depuis juin 2011, d’une procédure de la Commission européenne contre la France. Cette procédure menace de franchir une nouvelle étape, dans les semaines qui viennent, par l’engagement devant la Cour de Justice de l’Union Européenne d’une procédure pour manquement sur manquement.

Pour éviter cette perspective, la France a adopté, en octobre 2012, un nouveau Plan National d’Actions (PNA) pour la préservation du grand hamster, qui renforce très sensiblement les mesures destinées à préserver l’habitat de cette espèce :

– renforcement des mesures de régulation de l’urbanisation sur toutes les surfaces favorables et instauration d’un périmètre prioritaire de 9.000 ha dans lequel l’urbanisation sera très fortement encadrée, ce qui pose de grandes difficultés aux communes concernées, qui ont des projets de construction de logements.

– amélioration très sensible des mesures agro-environnementales, visant à la conversion des pratiques culturales en faveur de l’espèce. La disparition du grand hamster est principalement causée par la monoculture du maïs, qui bénéficie en Alsace de conditions géo-climatiques très favorables. Malgré ce contexte très favorable au maïs, les contrats de conversion vers des cultures favorables avancent avec l’objectif de 25% de surfaces favorables affiché dans le Plan National.

– amélioration des dispositifs de renforcement des populations de hamsters par la protection contre les prédateurs. Un lâcher important de hamsters aura d’ailleurs lieu prochainement, avec des modalités d’accompagnement qui les protègent encore mieux de la prédation.

A plus long terme, ces mesures sont complétées par des mesures plus structurelles, qui visent, par exemple, à organiser une filière de valorisation régionale des produits issus des cultures favorables au hamster (blé, orge, luzerne,…), vers l’alimentation humaine (bière, farine) ou animale (fourrage).

Aussi, Monsieur le Commissaire, comme vous le constatez et le savez sans doute déjà, la France et les élus au niveau local ont bien engagé les mesures urgentes et importantes qui demandent un peu de temps pour avoir des effets définitifs et stables.

Nous avons besoin, pour que ces mesures réussissent, du soutien de la Commission européenne, notamment pour la mise en œuvre du volet agri-environnemental du Plan National d’Actions, qui vise à soutenir les agriculteurs qui choisissent d’abandonner la monoculture très rentable du maïs pour des cultures favorables au hamster.

Ces efforts et le coût public qu’ils impliquent sont globalement très impopulaires, dans un contexte de crise économique et sociale majeure. Le coût individuel d’un hamster préservé apparait indécent à la grande majorité de nos concitoyens. Une condamnation de la France n’aurait pour effet que de les détourner encore plus à la fois de l’Europe et de la nécessité de protéger la biodiversité.

Monsieur le Commissaire pouvez-vous nous faire part de votre position et celle de la commission à ce sujet ».

Dans sa réponse le commissaire a rappelé l’importance de cette affaire et l’attention que la commission lui portait. Juridiquement il y a un arrêt de la Cour et il doit être pris en compte, ce qui est fait par la France. Sur le fond, il s’agit bien d’un exemple emblématique de la cohabitation entre la nature, la biodiversité, et les pratiques agricoles.

 

0
jeudi 4 avril 2013 posté par philippe Bies dans Actualités, Europe, Interventions, Questions au gouvernement, Transition écologique

Laisser une réponse