Une ville qui bouge, une ville qui avance !

Dans une récente tribune, l’ancien directeur de la SERS s’est livré à un réquisitoire contre le Gouvernement et la politique de la Municipalité. Ses propos rappellent ceux tenus sur certains bancs de l’opposition strasbourgeoise. Chacun les aura donc appréciés à leur juste valeur. Mais puisque l’occasion nous en est donnée, j’ai souhaité rappeler notre vision du développement urbain de Strasbourg et notre méthode de gouvernance dans un texte publié ce jour dans les DNA.

Notre méthode, c’est la concertation. Elle nécessite un engagement sans faille de notre équipe municipale. Elle constitue désormais une marque de fabrique reconnue largement au-delà même de nos frontières. L’aménagement de la Presqu’île Malraux en lien avec l’Ecoquartier Danube est un bon exemple d’application de cette méthode. Nous avons pris le temps de la discussion pour élaborer un projet avec les citoyens et l’aide de l’urbaniste Christian Devillers. Ainsi, pour assurer le lien entre la Presqu’Ile et l’Ecoquartier, trois tours dessinées par l’architecte Anne Démians vont finalement être érigées. Nous démontrons ici qu’il est possible d’avoir de l’ambition pour sa ville tout en écoutant ses habitants.

Notre ambition, c’est d’améliorer la vie quotidienne des Strasbourgeois. C’est pourquoi nous avons fait du logement notre priorité, tant les besoins étaient importants. La dynamique est engagée. En 2011, près de 4000 logements ont été mis en chantier dans l’agglomération dont plus de 2500 à Strasbourg.

Cette politique est aussi un facteur important en matière d’emploi. Aujourd’hui, près de 50% des chantiers de la région sont réalisés à Strasbourg, assurant entre 3000 et 4000 emplois par an dans le bâtiment. Les professionnels le disent eux-mêmes : l’agglomération de Strasbourg est redevenue le moteur économique de la région.

Mais la quantité ne suffit pas. Ces logements sont de qualité et les projets dans lesquels ils s’inscrivent, aussi. Je pense notamment au Heyritz, au Bruckhof, aux écoquartiers ou encore à l’autopromotion, domaine dans lequel nous innovons. Par ailleurs, les projets de rénovation urbaine font des quartiers du Neuhof, de Hautepierre, de la Meinau et de Cronenbourg des quartiers à part entière. Leurs habitants doivent pouvoir y vivre, y travailler, s’y divertir et s’y épanouir. Ainsi, à côté de la construction de logements, nous avons engagé un programme sans précédent de rénovation des écoles, lancé cinq projets de Maison de la Petite Enfance, la reconstruction des piscines du Wacken et de la Kibitzenau ou encore le réaménagement d’une vingtaine de places car l’espace public, c’est aussi le lieu du « vivre ensemble ». Le réaménagement de la Place d’Austerlitz a complètement modifié l’ambiance dans ce secteur de la Krutenau. Il en sera de même demain de la Place du Château ou de la Place du Marché au Neudorf dont l’aménagement en cours redynamisera le cœur du quartier.

Cependant, privilégier la vie quotidienne, ce n’est pas pour autant sacrifier le développement de la ville, bien au contraire.

Nous développons la ville sur elle-même et vers le Rhin. Nous le faisons pour ne pas gaspiller les terres agricoles et ainsi mieux répondre aux défis écologiques. Nous avons ainsi investi les friches portuaires du Heyritz jusqu’à Kehl dans le cadre du projet « Deux Rives » dont l’ampleur est unique en France. Si ce projet ne date pas d’hier, les actions engagées dans ce mandat, notamment la prolongation du tram vers Kehl, la réalisation de la liaison Interports pour renforcer le Port Autonome ou encore le renouvellement urbain du quartier du Port du Rhin, le concrétisent.

Le développement de la ville sur elle-même, allié avec l’objectif de renforcement de l’attractivité de Strasbourg justifie aussi la réalisation du projet « Wacken-Europe ». Il comprend la rénovation et l’extension du Palais de la Musique et des Congrès en synergie avec la réalisation programmée d’un nouveau Parc des Expositions et d’un quartier d’affaires international à proximité immédiate des Institutions Européennes.

Enfin, nous inventons un nouveau rapport à la nature en la laissant émerger dans tous les interstices de la ville, au bénéfice de la biodiversité et de la préservation des ressources vitales que sont l’eau, l’air et les sols. La « Ville en nature », c’est aller vers une vision écologique en prenant en compte toutes ses fonctions. C’est tout le sens de la démarche Zéro pesticide ou du développement de la nature vivrière (haies fruitières, vergers, jardins potagers, etc.). Le Parc du Heyritz avec ses 7 hectares sera, de ce point de vue, un premier projet révélateur de ce nouvel équilibre entre urbanisation et préservation de la biodiversité.

L’heure du bilan est donc bientôt arrivée. Notre équipe pourra afficher la dynamique impulsée, non seulement pour le quotidien des habitants mais aussi pour l’attractivité de Strasbourg. Nous démontrerons ensemble que nous aurons pleinement contribué à faire de Strasbourg une ville qui bouge, une ville qui avance !

Philippe Bies

Illustration: Cabinet C. Devillers

2 Réponses à “Une ville qui bouge, une ville qui avance !”

  1. Meego dit :

    Et bien nous allons essayés de voir si vous êtes allergiques aux critiques.

    Le logement comme priorité ? Vous savez à quel rang se situe Strasbourg à l’échelle national par rapport à la construction de logement ? Tout juste à sa place et encore…
    Mise en chantier de logement neuf à

    Strasbourg : 2250 (3420 pour la CUS)
    Toulouse : 6830 (13 500 pour l’unité urbaine)
    Nantes : 3200 ( 7425 pour la Communauté urbaine de Nantes)
    Bordeaux : 1150 ( 9455 pour la Communauté urbaine de Bordeaux !)
    Montpellier : 3200 intra-muros

    Je compare avec les autres métropoles françaises importante, ça serait trop facile de comparer avec Mulhouse ou Amiens…
    Donc arrêtez de nous mentir, vous ne faîtes pas du logement une priorité, vous répondez seulement à la demande de logement à Strasbourg, et ce sont les promoteurs qui construisent…
    à Montpellier et à Nantes, au moins EUX n’ont pas peur de parler de la barre des 300 000 habitants, à Strasbourg rien sur ce sujet, aucune ambition chiffré, on pense pouvoir construire une métropole international avec 470 000 habitants (CUS)… Mais dans quelle monde vivez vous ?

    • Philippe Bies dit :

      Vous avez raison de comparer ce qui est comparable!
      Vous oubliez de dire que ces agglomérations ont engagé des politiques de l’habitat ambitieuses depuis bien plus longtemps que Strasbourg.
      Nous faisons depuis 2008 du logement une priorité, oui et il nous faudra encore quelques années pour rattraper le retard accumulé avant 2008.
      Concernant l’ambition chiffrée, elle a été clairement annoncée dans le projet Ecocité où il est indiqué un objectif d’accroissement de 50000 habitants d’ici 2030.

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