L’Europe des compromis plutôt que celle des conflits

L’Europe des compromis plutôt que celle des conflits

A l’occasion du débat sur le « paquet européen » qui s’ouvre à l’Assemblée Nationale ce mardi et avant des échéances importantes au niveau européen, notamment le Conseil européen des 16 et 17 octobre prochain, j’ai signé avec ma collègue Elvira Drobinski-Weiss, Député SPD de l’Ortenau, une tribune courte et directe dans les DNA de ce jour, appelant la Gauche française et européenne à rendre possible l’étape d’après le traité, celle de l’intégration solidaire portée et défendue par François Hollande.

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« L’Europe des compromis plutôt que celle des conflits »

Par Philippe BIES, Député PS du Bas-Rhin
et Elvira DROBINSKI-WEIß, Députée SPD de l’Ortenaukreis

Nous sommes tous les deux des députés socialistes, élus de part et d’autre du Rhin. Ce fleuve fut longtemps le théâtre des épisodes les plus tristes de notre histoire. Nous préférerons à ce titre toujours l’Europe qui se construit par le compromis que celle qui se déchire par les conflits.

L‘union se fait dans la diversité, la négociation entre les Etats et les initiatives du Parlement Européen de Strasbourg. Le débat autour de la « règle d’or », c’est-à-dire la maîtrise stricte des déficits publics, est un exemple parlant. Si ce principe est intégré au Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG), chaque pays préserve sa souveraineté budgétaire. Le Mécanisme Européen de Solidarité (MES) permettra, quant à lui, aux pays de bénéficier d’un soutien en cas de difficulté. Cet outil essentiel est maintenant ratifié par l’Allemagne, la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe ayant donné son feu vert. Là encore, nos deux pays ont fait un pas l’un vers l’autre, mais aussi vers l’ensemble des Etats de la zone Euro.

A côté de ce sérieux budgétaire et de la nécessaire solidarité entre les Etats, il fallait porter l’objectif de croissance. C’est ce qu’a fait avec succès François Hollande lors du Conseil européen des 28 et 29 juin derniers. C’est grâce à lui si aujourd’hui nous avons à nous prononcer sur un « Paquet européen » intégrant la stabilité budgétaire (le TCSG), la solidarité entre les Etats (le MES) mais aussi la croissance (le Pacte de Croissance) et la maîtrise de la finance avec l’Union bancaire et la taxe sur les transactions financières. Récemment et c’est lié au nouveau contexte politique, la Banque Centrale Européenne a décidé de racheter sans limitation les dettes des Etats de la zone euro. Toutes ces avancées doivent être confirmées et approfondies.

La question aujourd’hui est donc ce que nous pourrons faire après la ratification du Traité avec ce « paquet européen». La capacité de la Gauche française à faire preuve de responsabilité dans les jours qui viennent déterminera la capacité d‘action commune de la Gauche européenne et renforcera la crédibilité des Socialistes allemands dans la perspective d‘un changement politique aux élections fédérales l‘année prochaine. Ce n’est qu’à cette condition que l’intégration solidaire deviendra le nouveau moteur de la construction d’une Europe sociale, politique et plus démocratique.

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dimanche 30 septembre 2012 posté par philippe Bies dans Actualités, Assemblée Nationale, Lois

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