Plan hivernal d’hébergement des sans-abris : La CUS renforce son dispositif pour pallier les défaillances de l’Etat

Pour faire face à la situation alarmante constatée sur le terrain et au recul de l’engagement de l’Etat, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont décidé de renforcer le dispositif d’hébergement d’urgence du Plan hivernal 2011-2012, par l’ouverture de 120 places supplémentaires, dont une grande partie destinées aux personnes isolées, négligées par le dispositif étatique.

En plus des 130 places ouvertes pour l’accueil des personnes sans-abris, et gérées par la Ville de Strasbourg, 120 places ont été créées pour pallier l’afflux de demandes en période hivernale. Elles se répartissent entre deux structures :

o À partir du 29 décembre, 80 places permanentes seront ouvertes dans le bâtiment A de l’ancienne auberge de jeunesse René Cassin à Koenigshoffen (jusqu’au 31 mars 2012).
o 40 places en réserve à l’ancienne crèche-relais de la rue d’Or. Elles seront ouvertes en cas d’afflux particulièrement important.

Dans cet objectif, la Ville et la Communauté urbaine ont entièrement financé la réalisation de travaux sur ces deux bâtiments, par ailleurs désaffectés. Les deux dispositifs sont prévus pour l’accueil de personnes isolées, comme de familles. Ils viennent compléter les places ouvertes dans les logements de la rue Buchner à Hautepierre (110 places pour les familles) et au Centre d’accueil et d’hébergement de la rue des remparts (20 places).

Pour Christian Spiry, conseiller municipal de Strasbourg délégué à l’hébergement d’urgence, « la collectivité double quasiment son dispositif, mais surtout veille à ce qu’il soit ouvert à toute personne en difficulté ou à la rue, sans discrimination, ni catégorie. Et elle s’assure que les conditions d’accueil soient dignes et respectueuses et donnent lieu à un encadrement compétent, réalisé par des professionnels de l’action sociale. »

Alors que la responsabilité de l’hébergement des personnes sans-abris pendant la période hivernale revient à l’Etat, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont donc pris l’initiative de ces deux dispositifs complémentaires tant le Plan hivernal engagé cette année par l’Etat s’avère insuffisant. L’accueil des personnes isolées est particulièrement préoccupant. Ainsi, à Strasbourg, il est prévu par l’Etat :

o 200 places pour les familles et les personnes isolées : soit en hôtel (120 places), soit dans une structure collective (80 places dont 30 pour personnes isolées) dans les locaux de la gendarmerie de l’avenue Jean Jaurès.
o 30 places supplémentaires en hébergement précaire à l’accueil de jour Bayard géré par Horizon Amitié, accessibles sur orientation du SIAO (service d’information, d’accueil et d’orientation) ou de la Veille sociale 115, et après accord de la DDCS (Direction départementale de la cohésion sociale).
Un dispositif très insuffisant au regard des expériences passées et des demandes habituellement enregistrées à Strasbourg en période hivernale.

Pour Philippe Bies, vice-président de la CUS en charge de l’habitat, « le dispositif prévu par l’Etat est largement insuffisant pour répondre aux besoins constatés, tant par l’ensemble des partenaires associatifs que les équipes sociales de notre collectivité. De plus, nous n’admettons pas les conditions que l’Etat a décidé de mettre à l’accès à ces places d’urgence, tant en nombre qu’en qualité (matelas au sol, pas d’encadrement social, discrimination d’accès selon les situations individuelles, etc.). La Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont donc décidé de prendre leurs responsabilités pour accueillir les personnes sans-abris de leur territoire en plus grand nombre et dans des conditions de plus grande dignité ».

dimanche 18 décembre 2011 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement

2 Réponses à “Plan hivernal d’hébergement des sans-abris : La CUS renforce son dispositif pour pallier les défaillances de l’Etat”

  1. Collectif Sdf Alsace dit :

    on vous décerne le triple R
    Respect Reconnaissance Remerciement

  2. CHARMILLON dit :

    Il serai bien aussi que les centres d’accueil SDF, autorisent les animaux de compagnie.
    Bon nombre de SDF refusent de s’y rendre, ne souhaitant pas abandonner le plus souvent leurs chiens, ce qui est tout à fait compréhensible à mon sens.

    Un point réel à méditer également

Laisser une réponse