Refaire du logement une priorité nationale

Avec l’emploi, le logement est la principale préoccupation des Français, et pour cause ces deux questions sont intimement liées. A Strasbourg nous l’avons bien compris. Nous avons décidé d’agir concrètement. Les premiers résultats sont là.

Plus de 2500 logements aidés ont été programmés et financés en 2010 contre 650 en moyenne en 2006 et 2007. Sur l’ensemble de ces logements près de 25% sont des logements très sociaux contre 8% en 2008. C’est important car au moment où nous traversons une crise sans précédent, où tous les indicateurs économiques et sociaux sont au rouge, c’est bien de ce type de logement dont les familles ont besoin. Par ailleurs, près d’une vingtaine d’opérations d’aménagement d’initiative publique sont engagées sur l’ensemble de l’agglomération. Elles permettront, avec l’initiative privée que nous encourageons fortement, la création de 3000 logements par an. Nous renforcerons ainsi l’attractivité du territoire et nous contribuons à réduire l’étalement urbain.

Cette politique permet d’ores et déjà à l’agglomération de Strasbourg de jouer à nouveau son rôle de moteur économique en Alsace. Un rôle de soutien au secteur du bâtiment puisque plus de 50% des chantiers engagés dans la région s’y concentre et que nous pouvons évaluer à 3000 le nombre d’emplois assurés dans ce secteur grâce à cette politique volontariste.

Si nous avons compris localement que la construction de logements permettait à la fois de donner un toit à chacun et de soutenir la dynamique économique et l’emploi, le Gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure des enjeux.
Des faits récents parlent d’eux même. Le dernier Congrès du l’Union social pour l’Habitat, que nous avons eu l’honneur d’accueillir à Strasbourg en septembre 2010, s’est déroulé dans une ambiance quelque peu électrique. Et pour cause, le gouvernement venait alors d’annoncer une ponction de près de 340 M€ sur les fonds des bailleurs sociaux, réduisant ainsi fortement leurs marges de manœuvre. Roland RIES avec plusieurs responsables de collectivités avait dénoncé ce geste et les conséquences qu’il pouvait avoir à l’heure où nous nous engagions tous dans des politiques en faveur du logement social.

Un an après, où en sommes-nous ? Les choix opérés depuis ne sont pas de nature à rassurer. Ainsi, au mois de février dernier, l’Etat a annoncé que les aides pour la construction de logements en Alsace passeraient de 13 M€ en 2009 à 6,9 M€ en 2011, soit une quasi-division par 2 !
Avec une enveloppe aussi faible, le financement d’une partie des logements programmés était de fait remis en cause. Nous avons ainsi demandé, conjointement avec les autres collectivités alsaciennes, des financements complémentaires dont notre région et notre agglomération ont besoin.

La réponse du Ministre du logement a été sans appel. Il considère que nous pouvons nous en sortir avec les crédits prévus par l’Etat et que d’autres territoires en France sont bien plus prioritaires que l’Alsace. Il prétend également qu’après le très bon niveau de constructions ces dernières années, la crise du logement sur l’ensemble du territoire s’estompe. On peut légitimement se demander si nous vivons dans le même monde, s’il a perdu pied avec la réalité, ou s’il s’agit tout simplement d’un aveu : le logement et notre région ne sont définitivement pas des priorités pour le gouvernement.

Espérons que le nouveau passage du Ministre du logement à Strasbourg, un an après le congrès de l’USH, à l’occasion de l’Université des Entreprises sociales pour l’Habitat lui permettra de prendre conscience des réalités. Rien n’est moins sur…
Je reste pour ma part persuadé qu’il est urgent de changer de politique dans un contexte de crise qui ne fait qu’accentuer les difficultés économiques et sociales de nos concitoyens. Les prochaines échéances électorales seront de ce point de vue déterminantes.

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vendredi 2 septembre 2011 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement

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