Les évènements au Japon nous rappellent les enjeux climatiques et énergétiques

Les évènements actuels au Japon nous font évidemment relativiser certains enjeux et même certaines échéances. Au moment ou les japonais luttent pour éviter une catastrophe nucléaire, il me semble utile de rappeler quelques éléments généraux sur les questions climatique et énergétique et aussi sur les applications locales en cours.

1. Il faut maîtriser, voire réduire nos besoins et nos consommations énergétiques.

Quelles que soient les sources d’énergie que nous utilisons, les consommations restent en augmentation constante. Cette fuite en avant n’est plus tenable à moyen et long terme. Elle sera confrontée drastiquement, dans un avenir très proche, à la raréfaction des énergies d’origine fossile, d’une part, et aux limites du modèle actuel trop dépendant du nucléaire extrêmement coûteux (nous importons de l’énergie…).

Il faut donc impérativement mieux maîtriser la demande énergétique :
– dans les transports : réduire l’usage de la voiture qui ne doit plus être systématique ;
– dans le bâtiment : bâtiments BBC ou à énergie passive.
– dans l’éclairage public : est-il nécessaire par exemple d’éclairer les arbres de l’Orangerie ?

Le Plan Climat de la CUS a pour objectif de réduire de 30 % d’ici 2020 les consommations énergétiques de la CUS.

2. Il faut libérer les énergies alternatives, issues des ressources naturelles renouvelables : eau (hydraulique), vent (éolien), soleil (photovoltaïque, biomasse (bois, déchets), terre (géothermie)

Contrairement à ce que le lobby nucléaire prétend, ces sources d’énergie sont moins chères à développer, permettent une relocalisation des énergies (réduction de la dépendance énergétique des territoires) et, bien sûr, sont renouvelables et propres.

Contredisant les belles promesses du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement UMP entrave le développement de ces énergies alternatives en France : limitation des petites unités d’éoliennes, révision à la baisse du tarif de rachat du photovoltaïque. Malgré tous les discours sur l’ « économie verte », l’effort public de Recherche-Développement sur ces technologies reste très en-deça de ce qu’il est et a été pour le nucléaire, depuis 40 ans.

Le nucléaire est l’énergie la plus chère et la plus coûteuse :

– la plus chère, parce que très subventionnée, de tous points de vue depuis 40 ans ;
– la plus coûteuse, en termes de sécurité, de dégâts et de déchets résiduels.

La CUS s’est fixé pour objectif de faire passer de 20% à 30% la part des énergies renouvelables dans le « mix énergétique » de la CUS. Plusieurs projets importants sont en cours :
– cogénération bois dans les réseaux de chaleur existants (Elsau, Esplanade,…) et futur (Wacken) ;
– recherche en géothermie profonde dans le sud de l’agglomération (Illkirch) ;
– projet de méthanisation à l’UIOM.

3. Il faut donc progressivement réduire la part de l’énergie d’origine nucléaire dans nos sources d’approvisionnement énergétique.

L’énergie nucléaire est une réalité en France. C’est un choix industriel, qui a été fait, en 1973, dans un contexte de choc pétrolier. La France est le pays le plus nucléarisé du monde (rapporté à sa population). Il est irréaliste de se donner pour perspective d’abandonner le nucléaire. Mais, dans le débat, il faut clairement en mesurer les risques, en termes de sécurité publique, à court et plus long terme (accidents, déchets).

Ce débat ne doit pas porter sur « pour ou contre le nucléaire », mais sur « quelles énergies pour notre pays ? », dans une approche globale, qui pose tous les enjeux économiques, environnementaux et sociétaux du « mix énergétique » à donner à notre pays.

La fermeture de Fessenheim est inéluctable et nécessaire, mais c’est aussi un vrai défi pour la filière nucléaire : comment stoppe-t on et démantèle-t on une centrale nucléaire ? A quels prix et à quels coûts ?

1
lundi 14 mars 2011 posté par philippe Bies dans Actualités

1 Réponse à “Les évènements au Japon nous rappellent les enjeux climatiques et énergétiques”

  1. Yves Vitale dit :

    le débat n’est plus  » pour ou contre le nucléaire » mais comment en sortir progressivement, la matiere premiere l’ uranium est importée ( libye niger )et les déchets sont là et s’accumulent pour des milliers d’années. Le futur c’est les energies renouvelables et non polluantes

Laisser une réponse