L’intervention sur la politique de l’Habitat que j’avais prévue au Conseil CUS du 17/12 et que je n’ai que partiellement prononcée

Nous avons fait du logement une priorité depuis le début de notre mandat. Nous sommes partis du constat simple que les besoins en logements, notamment sociaux, dans notre agglomération n’étaient pas couverts (près de 18000 demandes sont encore en attente). Nous avons pu nous rendre compte du fait qu’un certain retard avait été pris dans ce domaine ces dernières années et que le parcours résidentiel était bloqué.

 

Cette situation avait aussi pour effet de rendre notre agglomération moins attractive par rapport au reste du territoire alsacien, on construisait plus en dehors de la CUS, mais aussi au regard du dynamisme d’autres grandes villes en France telles Lyon, Nantes, Lille ou Bordeaux.

 

Aussi, avons-nous décidé de passer à l’action et les choix budgétaires, effectués depuis le début du mandat et ce budget en est la confirmation,  traduisent cette volonté d’agir à deux niveaux.

D’abord, répondre aux besoins de la population. La nouvelle politique de l’habitat adoptée en 2009, après une concertation poussée mais aussi des débats agités, prévoit comme vous le savez de réaliser 18 000 logements d’ici 2016, dont 7000 à Strasbourg.

 

Je ne rentrerai pas dans les détails de cette politique, le moment d’évaluer le PLH n’est pas encore venu, je rappellerai simplement que nous agissons tant sur le logement social que sur le logement privé, que nous menons cette politique aussi dans le cadre du plan climat en luttant contre l’étalement urbain source de grignotage de terres arables et d’augmentation des déplacements, en améliorant les performances énergétiques pour réduire la part logement du budget des ménages, ou encore en lançant plusieurs éco-quartiers dans l’agglomération. Je n’oublierai pas non plus les questions liées à la santé, c’est là une particularité de notre politique de l’habitat.  

 

Pour permettre la réalisation de nos objectifs, nous mobiliserons en 2011 près de 50M€ pour le logement social, l’accession sociale à la propriété, l’aide à l’habitat privé ou encore les acquisitions foncières qui restent un préalable à la mise en œuvre d’une politique sur le long terme. Rien que pour l’aide aux logements, nous sommes passés d’un budget en investissement de 4,5 M€ en 2008 à 18M€ en 2011 !

 

Les premiers résultats sont là, 2000 logements dont les travaux ont été engagés en 2009, tout types confondus, 2000 logements aidés financés en 2009 et près de 2800 en 2010 ! 

 

Je le disais, si notre politique doit répondre aux besoins des habitants actuels de l’agglomération elle doit aussi permettre de développer une offre diversifiée et en quantité suffisante pour attirer de nouveaux habitants et éviter que nos jeunes ménages aient à sortir de la CUS pour trouver de quoi se loger.

 

Une agglomération dynamique, c’est une agglomération qui sait accueillir de nouvelles entreprises mais aussi de nouveaux habitants, entrepreneurs, cadres qui vont investir la vie locale.

 

Nous nous sommes par ailleurs engagés dans une nouvelle étape de la rénovation urbaine des quartiers, qui contribueront demain aussi à l’image et à l’attractivité de la ville. Les différents quartiers verront se réaliser près de 650 M€ d’investissements publics d’ici 2013, auxquels viendront s’ajouter des investissements privés à peu près à la même hauteur.

Tout ceci va permettre de booster aussi l’économie locale. Oui, une politique du logement ambitieuse c’est aussi un remède à la crise. J’en veux pour preuve le fait que dans une conjoncture économique difficile au niveau national, mais encore plus au niveau régional, pour le BTP et l’immobilier, l’agglomération strasbourgeoise résiste bien, affichant même des résultats meilleurs que les années précédentes.

 

La CUS permet d’éviter le pire au BTP, les professionnels le disent eux-mêmes « La CUS donne le ton », « La CUS est de retour ». Par exemple, 56% des mises en vente (c’est-à-dire les programmes lancés) en Alsace en 2010 sont situées dans l’agglomération de Strasbourg, en 2009 ce chiffre était de 55%. A titre de comparaison, lors des années « fastes » en 2005-2007 cette part était en moyenne de 22%.

 

Il semble donc, et nous ne pouvons que nous en réjouir, que la CUS a retrouvé son rôle de moteur alsacien.

 

Dans ce contexte difficile où la CUS permet de limiter la casse, on ne peut que regretter le désengagement de l’Etat. Non satisfait de réduire ses aides au logement social, il vient dans la loi de finances 2011 de mettre en place une ponction sur els bailleurs sociaux. Cette mesure est économiquement contre productive. Elle met en difficulté un secteur qui a permis jusqu’à présent d’amortir les effets de la crise en soutenant fortement l’activité du bâtiment et de la promotion immobilière. En effet, la commercialisation de près de 30 000 logements issus de la promotion privée a pu être sauvée lors du pic de la crise immobilière grâce au relais pris par les bailleurs sociaux et les collectivités.  La ponction en Alsace aura incontestablement des répercussions sur l’emploi.

 

Nous avons fait un choix différent.  Nous investissons massivement dans le logement et soutenant l’économie régionale. Ainsi, à partir des objectifs fixés dans le PLH, on peut estimer à 3000 le nombre d’emplois garantis sur la période 2009 – 2014. Nous répondons au défi climatique en construisant des logements exemplaires d’un point de vue environnemental tout en favorisant la réhabilitation thermique des logements existants.

 

C’est cette cohérence que nous revendiquons à partir de choix politiques partagés, assumés qui à terme auront des effets concrets sur l’attractivité de notre agglomération et sur la vie quotidienne de nos concitoyens

 

La relance cela ne se décrète pas, cela ne se construit pas en une année, cela se construit sur la durée, pour aller vers une croissance durable.

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samedi 18 décembre 2010 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement

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