Tags racistes sur la maison de Roland RIES : Réaction des élus socialistes, verts et républicains du Conseil Municipal de Strasbourg

L’ensemble des élus de la majorité condamne de façon unanime et avec la plus grande fermeté les actes inacceptables dont a été victime dans son cadre privé Roland Ries à qui nous réaffirmons toute notre solidarité et notre soutien.

 

Ces insultes et inscriptions à caractères xénophobes ne sauraient modifier la ligne et la méthode que s’est fixé le Maire aux côtés duquel nous œuvrons pour la conduite de la municipalité.

 

L’intimidation, survenue dans la nuit de samedi à dimanche dernier, s’ajoute aux propos racistes tenus dans un courrier anonyme récemment destiné au conseiller municipal Mustafa El Hamdani.

Ces agissements interviennent dans un contexte de dégradation constante de la qualité du débat public en France, accentué par la controverse malsaine sur l’identité nationale. Ce climat délétère n’excuse pas pour autant les comportements stupides et lâches des extrémistes.

 

Nous dénonçons cet acte qui doit être sévèrement puni afin d’éviter toute nouvelle dérive.

lundi 11 janvier 2010 posté par philippe Bies dans Actualités

6 Réponses à “Tags racistes sur la maison de Roland RIES : Réaction des élus socialistes, verts et républicains du Conseil Municipal de Strasbourg”

  1. Sébastien Milazzo dit :

    Cher Philippe,
    Tout le monde est d’accord pour condamner avec la plus grande fermeté ces tags: c’est ignoble, indigne et d’une imbécilité sans pareil. Les auteurs de ces tags doivent être interpellés, jugés et punis avec la plus grande fermeté. Au-delà de la personne de Roland Ries (ce qui est déjà grave en soi), c’est aussi sa fonction d’élu de la République qui a été attaqué, et à travers cela, les valeurs républicaines et démocratiques de notre nation.
    De là à rejeter la faute sur le débat sur l’identité nationale, il n’y a qu’un pas: celui de la manipulation et de la récupération bassement politiciennes quand on ne sait pas quoi dire. Et cela est tout aussi exaspérant que les tags eux-mêmes. Les insultes racistes n’existaient-elles pas avant le débat sur l’identité nationale?Moi-même j’ai été victimes d’insultes racistes de la part ….d’actuels élus socialistes. Ont-ils été punis? Non. Sont-ils élus de la République? Oui. Cela est terrifiant. Cela ne fait que renforcer le jeu des extrêmes. Mais les extrêmes ne sont pas toujours là où on veut bien les voir. Le débat sur l’identié national n’a donc rien à voir avec ce qu’a subi notre Maire. Il ne manquerait plus qu’il ne se casse une jambe: ce serait à cause de Roselyne Bachelot. On pourrait aussi retourner la rhétorique contre la municipalité et le climat délétère qu’elle instille chez les strasbourgeois. Ce n’est pas mon habitude que de faire de la rhétorique. J’espère qu’un jour nos amis socialistes exploiteront à nouveau le concept de nation versus Jean Jaures et qu’à l’avenir, ils ne confondent plus la nation avec le nationalisme. Que les socialistes apportent leur contribution au débat sur notre nation car ils en sont un pilier historique. Bien cordialement.

  2. Philippe Bies dit :

    Merci pour la leçon cher Sébastien. Pour moi ce débat sur l’identité nationale est une insulte à la France et à son Histoire. Liberté, Egalité, Solidarité et Fraternité. Cette dernière ne s’organise pas comme veut nous le faire croire ton pote Sarko qui met à mal les 3 premières. Il est temps pour l’UMP d’assumer et d’arrêter d’écrire le contraire de ce que fait Sarkozy depuis plus de 2 ans.

  3. Sébastien Milazzo dit :

    Je n’ai aucune leçon à donner, je ne fais que donner un point de vue (M. Besson n’a pas tagué la maison de M. Ries) et je m’interroge. Pourquoi la gauche n’entre pas dans le débat sur l’identité nationale alors qu’elle a été l’un des fondements du concept de nation? Je ne vois pas en quoi parler de nation serait une insulte à la France: n’est-ce pas là une contradiction? Liberté, Egalité, Solidarité et Fraternité: ne serait-ce pas là précisement une bonne définition de ce que c’est que notre nation? Tu vois, tu finis par entrer dans le débat à l’insu de ton plein grès. Des tags de la maison de M. Ries à Sarko: quel est le rapport? Cela va se terminer par une théorie du complot où Sarko aurait envoyé les RG taguer la maison du Maire. Enfin, je terminerai par une citation de l’ex-camarade Besson: "La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage." Je regrette tout simplement que le PS n’apporte pas sa contribution à ce débat, excepté Manuel Valls qui est un type que j’apprécie beaucoup: cela n’aurait fait qu’enrichir le débat et le bien comme de tous. Non? Mon hypothèse est la suivante: c’est que le concept de nation a été substitué après mai 68, au sein de la gauche, par celui de cohésion sociale, ce en quoi je suis entièrement d’accord. Mais alors pourquoi ne pas le clamer haut et fort que la nation française se fonde sur la cohésion sociale? Le PS aurait tout son rôle à jouer dans le débat. Cordialement.
    PS: Sarko n’est pas mon pote, il est président de la République et je le respecte à ce titre, tout autant que l’élu de la République que tu es.

  4. BRETZEL LIQUIDE dit :

    Ah, ce débat sur l’identité nationale, quel bel attrape couillon. Il n’est nul besoin de sortir de polytechnique pour comprendre que si le sujet de l’identité nationale est un sujet intéressant, il est dangereux et – dans certaines circonstances- honteux de vouloir en faire un sujet de débat dont l’objectif serait in fine de définir ce qu’est un français. Et, par soustraction , ce que n’est pas un français. Français de très vieille souche, je n’accepte que des historiens qu’ils analysent l’identité de mon pays et de ceux qui l’habitent. C’est ce qu’a magnifiquement fait Fernand Braudel. Cette oeuvre monumentale a constitué une partie très importante de sa vie. Cela a nécessité de sa part un travail considérable. Et pourtant, au moment où nous parlons, cette oeuvre,achevée il y a à peine 15 ans, est déjà dépassée. Preuve que l’identité est un sujet en perpétuel mouvement, qui échappe par construction à toute tentative d’enfermement dans une définition que l’on voudrait… définitive.

    L’identité se construit. Elle ne se décrète pas. Il en va ainsi de l’identité personnelle, de l’identité régionale, et de l’identité nationale.

    Besson, tu t’es planté comme un débutant. Sarko voulait te tirer une balle dans le dos, mais à la réflexion, il semble bien qu’il se soit également tiré une balle dans le pied…

  5. Sébastien Milazzo dit :

    "L’identité se construit. Elle ne se décrète pas. Il en va ainsi de l’identité personnelle, de l’identité régionale, et de l’identité nationale". J’ajouterai l’identité européenne. Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est d’ailleurs la position de Besson et de Sarkozy. Ce dernier parlait de "la France métissée" lors du lancement du débat. En réalité, ce débat me semble être une bonne opportunité pour essayer de comprendre le mal-aise français, d’être mal dans sa rapport avec soi, et par conséquent avec autrui. Le débat sur l’identité nationale n’est pas un plaidoyer de la xénophobie: ceux qui soutiennent une telle thèse ont tout simplement peur de réfléchir ou veulent faire de l’électoralisme (là aussi par un réflexe de peur).Je suis français de la 1ère génération et j’aime le pays qui m’a donné une éducation, des droits, une protection sociale: n’est-ce pas cela au fond l’identité nationale? En parlant du concept d’identité, je ne peux que penser à Emmanuel Levinas: celle-ci ne peut être dépeinte comme un enfermement sur soi, auquel cas on aurait à faire à un sollipsisme (version polie et philosophique de ce que pourrait être un communautarisme français, c’est-à-dire un nationalisme). Chaque personne et chaque pays a une identité, toujours en mouvement (cela entre dans la définition du concept d’identité), et c’est une richesse. Et c’est cette identité qui peut me permettre de reconnaître autrui: je ne peux pas dire ‘tu’, sans avoir préalablement dis "je".
    Fustiger l’identité nationale, c’est se fustiger soi-même et son rapport à autrui, me semble-t-il.

  6. Thibault dit :

    Les insultes racistes proférées à l’endroit de M.Ries, comme par ailleurs de toutes personnes, sont à condamner avec la plus grande fermeté.
    La "Droite décomplexée" est en grande partie responsable de ces relents nauséabonds.
    Je pense que le Parti Socialiste devrait, lui aussi,à ce niveau, se décomplexer: oui la gauche est universaliste ou internationaliste. Oui la gauche pense plutôt en "conscience de classe" qu’en "interculturalité".
    Oui la gauche est humaniste. Oui la gauche ne pense pas que l’ennemi est l’étranger mais que c’est bien le déni des Droits de l’Homme et la logique terrible de l’ultra-libéralisme qui sont à combattre.
    Une gauche décomplexée, ça peut faire perdre des voix. Mais l’éthique et le courage ne se mesure pas à l’échelle d’une élection mais aux résultats sur des générations : plus sages et plus raisonnées.
    Bien entendu je reste septique sur la capacité du parti socialiste à définir une ligne politique courageuse mais qui ne tente rien n’a rien…

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