Budget 2010 de la ville de Strasbourg : une vision d’ensemble responsable et ambitieuse au profit de tous

En début d’après midi, le Conseil Municipal a adopté le budget primitif de la ville de Strasbourg pour 2010 après 3 heures de débat. Voici l’intervention de Roland RIES qui a ouvert nos débats :

"Mesdames, Messieurs, chers collègues, j’ouvrirai notre débat préalable au vote  du budget primitif 2010 comme je l’avais fait l’an dernier : en me plaçant dans une vision d’ensemble, celle qui embrasse les principaux enjeux pour notre ville.

Je laisserai le soin à Alain Fontanel d’entrer plus dans le détail des équilibres et de retracer à travers les chiffres essentiels ce que sont nos grandes orientations.

Faut-il rappeler que le budget est l’acte majeur de la collectivité, celui par lequel on se donne les moyens financiers de mettre en œuvre une politique, d’orienter l’action publique municipale dans les directions qui nous semblent les bonnes, les plus utiles pour la Ville.

C’est pour cela, vu les divergences profondes que nous avons avec elle, que je n’attends pas particulièrement de l’opposition qu’elle se rallie à ce projet de budget. Mais, à tout le moins, j’attends qu’elle se place dans une logique de critique constructive et de propositions utiles. J’ai bien noté qu’aucune question n’avait été posée dans le cadre de la commission plénière, j’en déduis donc que nul mystère n’apparaissait dans les documents proposés. Tout est ainsi réuni pour que la critique ne soit pas gratuite mais exigeante. Arrêtons donc les faux débats médiocres, et je souhaite que l’opposition contribue à l’élévation de la réflexion collective. Comme je l’ai déjà dit en d’autres circonstances, je suis toujours preneur des bonnes idées, et je ne doute pas que l’opposition municipale puisse en avoir de son côté.

 

Il est facile de s’agiter sur son fauteuil en criant « vacuité, vacuité, vacuité », encore faut-il dans son rôle d’opposant ne pas être soi-même victime de ce syndrome en n’émettant aucune proposition concrète, qu’elle soit alternative ou complémentaire !

En ce qui me concerne, je n’ai pas de mal à démontrer que bien loin d’être immobile ou passif, je suis au contraire un maire qui a le bonheur d’agir, de voir son équipe agir, et d’avoir des projets très nombreux.

 

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Ce budget repose sur trois orientations majeures :

1. Le respect absolu des engagements que j’ai pris devant les Strasbourgeois en 2008 : je sais que cela fait sourire souvent, étonne parfois, mais je ne renoncerai à aucun des engagements que j’ai pris, car ils sont constitutifs du rapport de confiance qui unit les Strasbourgeois et la majorité municipale. Le respect du contrat que j’ai passé avec les électeurs m’anime chaque jour, il est la boussole de notre action.

Force est de constater d’ailleurs, que bien des points de notre programme ont été d’ores et déjà réalisés, que ce soit dans le domaine de la démocratie locale (et je veux saluer ici le travail formidable accompli par Robert Herrmann et ceux qui ont oeuvré avec lui), du logement, des lieux de culte musulman, des crèches, de la culture avec la tenue des assises – concertation qui n’avait jamais été menée à Strasbourg -, du sport avec les états généraux, de la présence accrue des ATSEM dans les écoles maternelles, etc. Il faudrait y ajouter bien sûr l’ensemble des chantiers ouverts dans le cadre de la CUS, et qui concernent directement Strasbourg, que ce soit la ligne F du tram, l’extension des lignes A et D, la dynamisation de notre politique économique, la conclusion du contrat de territoire avec le département, le plan santé-territoire, l’aménagement du secteur Danube, du secteur du Heyritz, du secteur du Bruckhof, etc.

 

2. La prise en compte d’une situation économique et sociale qui se dégrade dramatiquement dans notre région, et particulièrement à Strasbourg.

Nous aurons l’occasion de revenir dans le détail sur les chiffres qui attestent cette situation dans notre ville, quand le diagnostic du Plan Social Santé Territoire (PSST), élaboré sous l’égide de Marie-Dominique Dreyssé, sera présenté devant notre assemblée.

Mais prenons simplement quelques chiffres macroéconomiques, qui ne rassurent pas, c’est le moins qu’on puisse dire, malgré le discours tenu par le Premier Ministre jeudi dernier et celui qui sera sans doute celui du Président de la République demain : en un an, de septembre 2008 à septembre 2009, le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 31,1 % en Alsace (contre 20,8 % en France entière), les moins de 25 ans étant de loin les plus touchés (+ 45 %) ; les entrées à Pôle Emploi suite à des licenciements économiques ont augmenté de 127,4 %, pendant que les offres d’emploi ont diminué de 31,1 %, toujours entre septembre 2008 et septembre 2009 . Ainsi, la crise économique touche de plein fouet l’Alsace, et particulièrement Strasbourg qui, avec Mulhouse, concentre les populations les plus en difficulté, les plus dans le désarroi, les plus impuissantes à retrouver, ou à trouver, un emploi !

Cette situation là, je m’en sens responsable et j’en tiens compte dans les choix budgétaires que je fais, et notamment en n’accroissant pas la pression fiscale sur les ménages, qui ont déjà tant de mal à préserver leur pouvoir d’achat. Cette situation là, je la prends en compte aussi en veillant à ce que les services du quotidien, ceux qui profitent au plus grand nombre, et particulièrement à ceux qui sont modestes et qui ont souvent des difficultés dans leur vie de tous les jours, se développent, soient plus accessibles, que leurs tarifs soient révisés dans le sens d’une plus grande justice sociale.

De manière plus globale, le dysfonctionnement complet de l’économie, et pas seulement du système financier, au niveau mondial, nécessite de repenser notre rapport à la production de richesse et à sa répartition : c’est ce que nous voulons faire à travers l’économie sociale et solidaire, les circuits courts, les jardins familiaux et d’autres initiatives encore, qui vont dans le sens d’un nouveau développement durable, dont la seule Conférence de Copenhague dans quelques jours ne définira pas tous les contours. Strasbourg, dans le domaine de l’économie comme dans d’autres, doit être à la pointe des expérimentations.

 

3. La nécessité pour Strasbourg de se projeter dans l’avenir avec résolution, fière de son histoire, de son statut actuel de capitale européenne, mais surtout forte d’ambitions qui la placent correctement dans la compétition que se livrent les métropoles et les régions, non seulement à l’échelle de la France et de l’Europe, mais au-delà à l’échelle du monde.

Nos industries, nos entreprises de service, notre université et nos établissements d’enseignement supérieur, nos scientifiques et nos chercheurs livrent une bataille dont le théâtre est le monde entier.

Il faut attirer des potentiels venant des cinq continents et, dans le même temps, il faut savoir retenir les meilleurs chez nous, dans des logiques de partenariat solide, dans lesquelles la Ville a un rôle majeur à jouer.

Chacun le voit bien, les enjeux pour Strasbourg sont immenses. C’est pour cela que nous avons lancé, au sein de la CUS et de la Ville simultanément, des réflexions sur les éléments majeurs qui vont nourrir le projet de développement de notre ville pour les 15 années qui viennent : Stratégie Economique 2020, Schéma des transports en commun 2025, Plan local d’urbanisme, Plan local de l’habitat, Schéma de développement universitaire 2020, etc.

C’est vers l’horizon de 2020-2025 qu’il faut tendre pour inscrire toutes nos actions, dans un calendrier où les échéances électorales ne sont rien au regard de l’intérêt majeur de Strasbourg et de son agglomération.

Qu’on ne compte pas sur moi pour mener les dossiers en ayant l’œil rivé sur l’échéance de mars 2014, et pour faire en sorte de multiplier les inaugurations dans cette perspective : nous mènerons les dossiers au bon rythme pour permettre le temps de la réflexion, le temps de la concertation et enfin le temps de la réalisation. Nous ne perdrons ainsi pas de temps, car un bon projet, c’est un projet accepté, en synergie avec son environnement et dont les conséquences en terme de fonctionnement futur sont maîtrisées. Mars 2014 n’est pour moi qu’une simple échéance électorale : par contre, je m’inscris résolument dans le quotidien des Strasbourgeois et dans des réalisations à moyen et long terme qui répondent aux enjeux majeurs de notre ville. Ces deux préoccupations ne sont pas contradictoires, mais évidemment complémentaires.

 

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Par rapport à cette triple approche des enjeux budgétaires, je voudrais insister complémentairement sur la façon dont je conçois le rôle du maire que je suis et la nécessité, selon les circonstances, de s’inscrire sur le fond des dossiers et de réagir en opportunité.

En tout cas, je puis vous assurer que j’assume et assumerai pleinement ma fonction. La capacité d’écoute que je manifeste n’est pas contradictoire avec une vision personnelle de l’avenir de cette ville, le respect de l’opinion différente ne signifie pas influençabilité et la volonté de donner du temps à la prise de décision ne débouche pas chez moi sur une difficulté à trancher le moment venu.

Je suis présent sur le terrain, et pas seulement à l’occasion des visites de quartier que je fais mensuellement et qui me permettent de dialoguer sans filtre avec nos concitoyens, et je suis très heureux de ces contacts réguliers dont je retire beaucoup.

Je crois avoir une vision globale de la ville et de ses enjeux, vision que je partage avec ceux qui vivent ce mandat avec le souci de servir pleinement Strasbourg, et de manière particulière je suis très heureux de partager à nouveau avec Catherine Trautmann, dans toutes ses importantes responsabilités, l’exaltation de pouvoir « transformer la ville ».

Enfin, je suis actif, n’en déplaise à certains, sur le terrain international, car Strasbourg a non seulement une image, mais surtout un rôle à défendre à l’étranger, et aucun des déplacements que j’ai faits depuis mars 2008 n’a été inutile, bien au contraire. Vous aurez d’ailleurs l’occasion lors du conseil municipal de janvier prochain de vous en rendre compte, à travers le compte-rendu que je vous ferai de mes différentes missions, particulièrement au Mali, où le projet de tramway à Bamako avance bien.

Par rapport à ces différentes facettes de la fonction de maire, je suis totalement investi au quotidien et simultanément je m’inscris dans la durée, parce que certains enjeux nécessitent évidemment de la durée.

J’ajoute que tout cela ne peut se faire sans une vraie capacité à dialoguer, d’abord au plan local et régional, et je me réjouis des relations restaurées avec la Région, le Département, la CCI, l’ADIRA, et bien d’autres encore. Et puis bien sûr au plan national.

Quand le maire de Strasbourg entretient, comme je le fais, des rapports respectueux, mais aussi sourcilleux des intérêts de notre ville et de notre agglomération, avec les autorités gouvernementales, et particulièrement le Président de la République, cela donne des résultats ! Les 14 M€ obtenus pour le Port du Rhin après les exactions commises lors du Sommet de l’OTAN ne sont pas tombés du ciel tous seuls ! Les crédits obtenus dans le cadre du Grenelle 2, particulièrement pour le tramway, non plus !

Si Strasbourg a été retenue pour le projet Ecocités, si nous avons eu un prix tant pour notre politique de Démocratie Locale que pour l’écoquartier Danube, si les professionnels saluent au niveau national l’exemplarité du nouveau marché de notre restauration scolaire, ce n’est pas par hasard ! Si Toyota expérimente son VHR (Véhicule Hybride Rechargeable) à Strasbourg en exclusivité mondiale, si l’accord sur la LGV Est a été trouvé avec la complicité d’Adrien Zeller, si un Régiment allemand vient s’implanter en 2010 à Illkirch, si l’Appel de Strasbourg a pu être signé et imprime de ce fait un état d’esprit nouveau et puissant sur ce que j’appelle, après Daniel Riot, « l’Europe de Strasbourg », peut-on penser que tout cela est le fruit de l’immobilisme dont on m’accuse parfois ?!

Non, c’est parce que j’ai, nous avons, une détermination sans faille à faire avancer les dossiers, tous les dossiers, qui sont utiles pour le présent et pour l’avenir de Strasbourg. Tout cela ne se ferait d’ailleurs pas sans une mobilisation générale exemplaire de tous les services de la CUS qui donnent sans compter tous les jours, dans des conditions dont je sais qu’elles sont souvent difficiles, tant nous voulons donner du contenu et du rythme à notre action.

 

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Alain Fontanel va vous présenter maintenant le projet de budget primitif 2010, et je remercie au passage le travail fait par la direction des finances, sous l’égide d’un duo féminin, Julie Araneder et Katell Parent, ce qui montre que la féminisation de notre administration progresse, moins vite que je ne le souhaiterais, mais elle progresse !

Ce projet de budget, au-delà qu’il retrace bien évidement le fonctionnement courant de la collectivité et le respect des engagements qui sont les siens à l’égard de la population et de l’Etat en maints domaines, recèle profondément l’état d’esprit que j’ai voulu vous faire partager à travers mon intervention.

Les grands axes s’y retrouvent : tenir nos engagements, donner la priorité aux services à la personne et au « vivre ensemble », permettre  l’accroissement du rayonnement international de Strasbourg.

Pour cela, nous sommes rigoureux dans le fonctionnement,  faisant en sorte de conquérir de nouvelles marges de manœuvre qui permettent de dégager des capacités d’investissement par l’autofinancement. Et nous sommes ambitieux au niveau de l’investissement, en mobilisant fortement les capacités d’emprunt de la Ville sans avoir à augmenter les impôts, ni aujourd’hui, ni demain.

Responsable et ambitieux, ce sont les deux adjectifs qui s’attachent le mieux à ce budget. Ce sont ceux qui définissent aussi le mieux l’action que nous menons !

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lundi 7 décembre 2009 posté par philippe Bies dans Actualités

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