Le discours de Roland RIES lors de l’inauguration de la Foire Européenne le 4 septembre dernier

Il y a à peine 2 semaines, le samedi 22 août, Adrien ZELLER nous quittait prématurément, au moment même où il semblait se rétablir après son accident cardiaque du 14 juillet. Ce départ inattendu prive l’Alsace d’un de ses plus ardents défenseurs et laisse dans le paysage politique alsacien, mais aussi français et européen, un grand vide. Nul plus que lui n’a incarné les valeurs de la décentralisation et de la régionalisation et, bien sûr, sa voix va nous manquer dans le grand débat qui s’ouvre sur l’avenir de nos institutions territoriales.

 

Le nombre et la diversité des hommages qui lui ont été rendus après sa mort, l’émotion de toute l’Alsace et des Alsaciens à l’annonce de sa disparition, montrent à l’évidence qu’Adrien ZELLER a su se faire entendre bien au-delà de la famille centriste à laquelle il a appartenu dès le début. C’est bien un homme de rassemblement, ouvert sur l’innovation dans tous les domaines, soucieux du bien public et, comme on dit, aimant profondément les gens, que l’Alsace tout entière pleure aujourd’hui.

C’est pourquoi je souhaite symboliquement placer cette inauguration sous le patronage d’Adrien ZELLER et j’enregistre positivement l’idée émise par               M. BORD de donner son nom à la Place du Wacken, même si la tradition veut que ces baptêmes ne se font en général qu’après un délai de 5 ans. Je soumettrai donc cette proposition à la commission de dénomination des rues pour avis. Je vous invite à présent à respecter une minute de silence à sa mémoire.

 

Je veux adresser aussi mes très sincères et chaleureux remerciements d’abord à toi, mon cher Alain WEBER, qui nous accueille aujourd’hui, et à toute ton équipe de Strasbourg-Evénements qui, cette année encore et malgré la difficulté des temps a réussi le challenge de rassembler ici plus de 1050 exposants et de faire, comme tu l’as dit, de cette 77ème édition de notre Foire européenne l’événement marquant de la rentrée à Strasbourg et en Alsace.                            Je souhaite naturellement que les visiteurs soient au rendez-vous pendant les         10 jours qui viennent et vous récompensent de tous vos efforts.

 

Pour avoir moi-même présidé pendant bien des années l’ancienne SOFEX, je sais par expérience que les organisateurs de notre Foire européenne éprouvent inévitablement une forme d’angoisse au moment où cette importante manifestation ouvre ses portes. Et, bien entendu, la question de la modernisation du Parc des Expositions se repose forcément à cette occasion. Vous le savez, nous avons pris la décision le 12 juin 2009 de changer le projet de nos prédécesseurs, de reconstruire ce parc in situ ici au Wacken et de coupler ce projet avec une extension du Palais de la Musique et des Congrès. C’est un choix stratégique que nous faisons, à la fois sur le plan économique et sur le plan urbain.

Nous voulons créer dans ce quartier proche du secteur historique, un véritable complexe à vocation économique qui comportera, outre le nouveau Parc des Expositions et le P.M.C étendu et rénové, un quartier d’affaires à vocation européenne et internationale. Jacques BIGOT et moi-même y travaillons d’arrache-pied et proposerons avant la fin de l’année des délibérations au conseil municipal et au conseil de CUS pour lancer concrètement ce très ambitieux projet. Celui-ci, non seulement intégrera mieux dans la Ville le Parlement Européen et le Conseil de l’Europe, mais il sera aussi un atout très important pour l’attractivité de Strasbourg et de son agglomération. Les milieux économiques sont d’ores et déjà associés à la réflexion, celle-ci se poursuivra évidemment avec eux.

Pour un investissement de cette importance, nous souhaitons associer le secteur privé dans le cadre d’un partenariat public privé et une étude est en cours pour déterminer la nature et le niveau de cette participation de capitaux privés à notre projet. Le moment venu, les candidats, bien sûr, seront mis en concurrence dans le cadre d’un appel d’offre.

 

 

Je voudrais adresser aussi mes remerciements très chaleureux et amicaux à toi, cher Michel, d’avoir accepté, malgré tes nombreuses obligations du moment, d’inaugurer notre Foire européenne cette année.

Je t’en suis personnellement reconnaissant et ce n’est pas sans émotion que je songe aujourd’hui à ce long itinéraire politique commun qui a été le nôtre depuis la lointaine époque du PSU jusqu’à aujourd’hui, où tu continues à mettre au service de la France à la fois la rigueur de ta pensée politique et la recherche de voies nouvelles adaptées à l’évolution de notre société et de notre économie.

La social-démocratie est sans doute en crise aujourd’hui, mais je suis convaincu que face à l’ultra-libéralisme dont on mesure chaque jour les ravages sur le plan social et économique, elle reste une voie d’avenir à condition que nous sachions la faire coïncider avec la nouvelle donne politique marquée par la mondialisation et les enjeux liés à notre environnement. Sur tous ces points, un travail intellectuel et politique est indispensable et, de plus, il est urgent. Merci, cher Michel, de continuer à nous aider dans cette voie.

 

Tout le monde connaît le combat que tu mènes depuis longtemps pour la préservation des zones arctiques et antarctiques si nécessaires à l’équilibre climatique de la planète et tu en parleras tout à l’heure dans le cadre d’un forum. Tout le monde connaît aussi le travail que tu as mené plus récemment sur la taxe carbone, initiant ainsi un vaste débat public sur une fiscalité écologique. Ces batailles, à moins de 100 jours de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique, sont désormais au cœur du débat politique national et international. On attend, paraît-il, plus de 100.000 personnes au Danemark et le risque de voir ces cohortes de responsables publics et d’experts se perdre dans la grandiloquence inefficace est loin d’être nul.

 

C’est pourquoi je reste convaincu que c’est au niveau local, dans les décisions du quotidien, que se trouve la clé du problème environnemental. « Penser global, agir local », ce slogan déjà ancien de nos amis « Verts » reste complètement d’actualité.

 

Nous avons commencé à mettre en œuvre ici à Strasbourg, dès le tout début des années 90, ces orientations politiques en matière de transport. Cette politique globale et cohérente de mobilité urbaine, dont le projet tram était la vitrine mais pas une fin en soi, nous sommes aujourd’hui en train de l’étendre à d’autres secteurs non moins importants dans le cadre de notre Plan Climat.             Jacques BIGOT s’y est attelé dès le début de son mandat de Président de la CUS.

 

Au-delà de la problématique des transports, c’est bien aujourd’hui l’ensemble de la vie quotidienne des Strasbourgeois et des habitants de la Communauté urbaine qu’il s’agit d’inscrire dans ces nouvelles logiques de développement durable : la création de logements HQE et Basse Consommation, la rénovation de nos quartiers, la construction d’écoquartiers, le travail sur les rythmes de la ville , sur son approvisionnement à partir des circuits courts et l’agriculture biologique locale … constituent les pistes nouvelles et originales sur lesquelles nous souhaitons aujourd’hui, avec Jacques BIGOT, orienter nos efforts de développement.

 

La gestion environnementale est intimement liée au quotidien de la population. Celle-ci doit trouver des solutions répondant à la fois aux besoins sociaux et aux nouveaux enjeux environnementaux.

Nous nous sommes fixés pour objectif, dans le cadre de notre nouveau PLH, piloté avec conviction et détermination par Philippe BIES, de réaliser               18.000 logements sur le territoire de la CUS d’ici 2014, dont 7.000 à Strasbourg.

 

A la suite des quartiers du Neuhof et de la Meinau, le quartier de Hautepierre fera, à son tour, l’objet d’un effort particulier. L’Agence nationale pour la rénovation urbaine vient en effet de répondre favorablement à notre souhait d’engager avec son concours la réhabilitation de plus de 2.000 logements et la restructuration des espaces extérieurs, dans le cadre d’un projet d’aménagement revu et corrigé dans la concertation avec les habitants.

 

Par ailleurs, un permis d’aménager vient d’être déposé pour la réalisation d’un éco-quartier à Cronenbourg, sur le site de l’ancienne brasserie. Nous souhaitons en effet encourager la réalisation de nouveaux quartiers répondant à un objectif de développement durable en termes d’intégration dans la ville, d’accessibilité, de mixité des fonctions, d’économie d’espace, de maîtrise des rejets, d’économie de ressources énergétiques. L’éco-quartier de Cronenbourg développera un programme de 450 logements auxquels s’ajouteront des commerces, des bureaux et des équipements publics. Une consultation vient également d’être lancée auprès des aménageurs pour la réalisation de l’éco-quartier dans le secteur « Danube », qui comportera 650 logements.

 

Nous avons par ailleurs engagé une opération pilote qui prévoit la cession par la Ville de terrains à des groupements de particuliers en vue de la réalisation par ceux-ci, en auto-promotion, de 10 immeubles de haute qualité environnementale, dans différents quartiers de la Ville.

 

La préservation de la qualité de l’environnement que nous laisserons en héritage à ceux qui viendront après nous, constitue en effet, nous le savons tous, un impératif catégorique qui s’impose désormais à toutes nos sociétés. Le réchauffement climatique appelle une action rapide de réduction des consommations énergétiques. La crise économique par ailleurs incite également à accélérer les évolutions vers un développement urbain durable, facteur d’attractivité, et donc de compétitivité.

 

C’est tout le sens du Plan Climat dans lequel la Ville de Strasbourg et la Communauté urbaine se sont engagées. Notre objectif est de réduire de 30% nos émissions de gaz à effets de serre d’ici 10 ans et nous entendons conditionner la mise en oeuvre de nos projets au respect de ces objectifs, pour la réalisation de nouveaux équipements notamment.

 

 

Notre politique de développement urbain s’inscrit ainsi totalement dans le respect d’objectifs environnementaux à travers, par exemple – outre la réalisation d’éco-quartiers que j’ai déjà évoquée – le renforcement de la biodiversité dans les documents d’urbanisme, illustré notamment par la création de parcs naturels urbains, ou encore la diversification de la production agricole sur le territoire de la Communauté urbaine, ou à proximité, en vue de promouvoir une agriculture biologique et, en partenariat avec les agriculteurs, de raccourcir les circuits d’accès de leurs produits aux marchés locaux.

 

C’est, Mesdames et Messieurs, ce même souci de promouvoir des solutions susceptibles d’améliorer la qualité de la vie quotidienne qui nous a conduits à réfléchir aux moyens d’adapter, en quelque sorte, les rythmes de la ville aux rythmes de la vie. J’ai ainsi suggéré que soit créé un « bureau des temps », qui soit chargé de nous faire des propositions en vue de l’adaptation des horaires de nos services et de nos équipements : crèches, bibliothèques, équipements sportifs, guichets administratifs, aux différents rythmes de vie des différentes catégories d’usagers : mères de famille, étudiants, personnes dont les horaires de travail sont dits « atypiques », etc. Dans de nombreux pays, des villes se sont déjà engagées dans cette voie. Je sais que ce n’est pas facile. Mais du fait de la place qui est la sienne en Europe, Strasbourg ne devrait pas avoir grand mal à recueillir ces expériences pour s’engager à son tour dans une démarche originale, et qui fasse référence.

 

Car, bien entendu, cette attention que nous portons au quotidien des habitants et à la qualité de la vie, n’est pas exclusive, bien au contraire, de notre attachement et de notre détermination à conforter le rayonnement de Strasbourg, en France et en Europe.

 

Et c’est là le deuxième axe de notre action.

 

La tenue à Strasbourg du Sommet de l’OTAN, minutieusement préparé par le  1er Adjoint R. HERRMANN avec l’ensemble des autorités nationales et locales, a conforté incontestablement le rôle européen de notre ville et confirmé sa capacité à se positionner comme référence en matière d’accueil de réunions internationales de haut niveau.

La qualité du cadre qui, le 4 avril, a été offert à la réunion des Chefs d’Etats et de Gouvernements ici même au Palais de la Musique et des Congrès a confirmé l’intérêt pour Strasbourg de disposer en centre-ville d’une structure pouvant accueillir des manifestations de cette ampleur.

La préparation du Sommet a montré toutefois que le Palais de la Musique et des Congrès, M. le Président, avait quelque peu vieilli, et méritait d’être à la fois modernisé et agrandi. Je l’ai déjà dit, c’est dans ce sens que nous travaillons aujourd’hui et nous le faisons avec le concours de l’Etat, M. le Préfet, qui, à l’issue de la réunion qui s’est tenue le 16 juillet dernier à la Présidence de la République pour faire le point après le Sommet de l’OTAN, s’est déclaré prête à participer à nos côtés aux études préalables à la mise en chantier de cette opération. Notre idée est d’échanger une participation de l’Etat à l’investissement d’extension et de modernisation de notre PMC contre ce que j’appellerais un « droit de tirage » sur son utilisation pour l’organisation de grandes manifestations internationales à Strasbourg. Notre vocation européenne et internationale en serait incontestablement renforcée.

 

Cette participation de l’Etat vient ainsi s’ajouter aux quelque 117 millions € qu’il a mobilisés pour les opérations inscrites au Contrat triennal « Strasbourg, capitale européenne » pour la période 2009-2011, et que nous allons signer très prochainement.

 

Déterminées à développer le rôle qui est celui de Strasbourg en Europe et au service de l’Europe, la Ville et la Communauté urbaine poursuivent, vous le savez, à travers ces contrats régulièrement renouvelés depuis près de 30 ans avec l’Etat, le Département du Bas-Rhin et la Région Alsace – que je veux ici une nouvelle fois remercier – une politique d’équipement ambitieuse, visant essentiellement à conforter Strasbourg comme métropole européenne de référence dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche, à renforcer la dimension européenne de son rayonnement culturel, et à améliorer les conditions de son accessibilité aérienne, ferroviaire et routière.

 

A cet égard, Mesdames et Messieurs, la prochaine mise en chantier de la          2ème phase de la LGV Est européenne marquera une étape importante. Après la mise en service, début 2016, du dernier tronçon de cette ligne à grande vitesse, Strasbourg se trouvera positionnée à l’intersection de deux grands axes ferroviaires européens : l’axe Atlantique-Europe centrale, via la Magistrale Paris-Strasbourg-Vienne-Budapest-Bratislava, et l’axe Francfort-Lyon, par la LGV Rhin-Rhône, dont une première phase aura été mise en service en 2011.

 

A cet égard, la signature il y a quelques jours à Paris de la convention de financement des 106 km de ligne nouvelle entre Baudrecourt et Strasbourg mérite d’être saluée car elle engage le processus de réalisation de l’ensemble de la ligne nouvelle entre Strasbourg et Paris de façon irréversible. Je voudrais ici solennellement remercier M. l’Inspecteur LIEBERMANN avec lequel j’ai travaillé en concertation étroite pendant toute la phase de négociation avec les différentes autorités pour parvenir à ce résultat aujourd’hui.

 

Mais je voudrais remercier aussi J. WALINE que j’ai chargé d’une mission sur les TGV et dont le dynamisme légendaire m’a beaucoup aidé. Il reste, mon cher Jean, du pain sur la planche pour la 2ème phase du TGV Rhin-Rhône ; merci de continuer à nous aider sur ce projet essentiel. Et je voudrais bien sûr et surtout remercier l’ensemble des collectivités du tracé et en particulier les collectivités alsaciennes d’avoir été sensibles à l’importance de ce projet pour conforter la vocation européenne de notre ville.

 

Reste le problème difficile de l’accessibilité aérienne de notre agglomération. Elle fait l’objet d’un double soutien de la part de la Communauté urbaine et des collectivités locales : d’une part à travers le contrat triennal, pour le financement de certaines lignes indispensables aux fonctions européennes de Strasbourg, et, d’autre part, à travers le contrat d’objectifs que les collectivités ont proposé de conclure avec la Chambre de Commerce, gestionnaire de l’aéroport, afin de l’aider à moderniser celui-ci et à diversifier l’offre de services aériens au départ de Strasbourg.

 

Cette accessibilité facilitée de Strasbourg constitue d’ailleurs un des nombreux atouts de notre candidature à l’organisation de l’Euro 2016. Et je vous invite, à ce propos, à visiter le stand que nous consacrons à cette opération et, si vous le voulez bien, à manifester votre soutien à cette candidature car la concurrence est forte.

 

 

L’amélioration des conditions de l’accessibilité de Strasbourg conditionne aussi le niveau de l’attractivité économique de l’agglomération, priorité que, sous l’impulsion de Jacques BIGOT, la Communauté urbaine a fixée à son action.

 

Dans le courant du 1er semestre de cette année, 4 groupes de travail, réunissant plus d’une centaine de représentants des milieux économiques, ont, à l’invitation du Président de la Communauté urbaine, jeté ensemble les bases d’un plan d’action pour les années à venir à partir d’un diagnostic économique de l’agglomération établi par notre service des affaires économiques, que nous avons substantiellement renforcé dans cette perspective. Il s’agit là encore d’un engagement de campagne municipale que nous avons honoré : le développement d’une vraie politique économique que conduit Catherine TRAUTMANN,           Vice-Présidente de la CUS en charge du dossier, exigeait bien évidemment ce renforcement.

 

Après une dernière relecture par l’ensemble des acteurs économiques, cette feuille de route sera présentée dans le courant du mois prochain au Conseil de Communauté urbaine afin qu’il valide les objectifs stratégiques proposés et se prononce sur les actions destinées à les mettre en œuvre.

 

 

Les difficultés de la conjoncture ne doivent, à cet égard, ni nous arrêter, ni même nous conduire à temporiser. Bien au contraire. La force du rayonnement de Strasbourg ne réside pas tout entière dans son rôle de ville siège d’institutions européennes. Elle tient aussi à la visibilité dont notre Communauté urbaine saura se doter en matière d’attractivité économique. Ces atouts sont évidemment complémentaires et se confortent l’un l’autre.

 

Car tout se tient, bien entendu : sans attractivité, pas ou peu de développement économique ; sans développement, pas ou peu de moyens à mettre au service de l’amélioration de la qualité de vie des habitants ; et sans efforts sur celle-ci, c’est aussi l’attractivité qui en pâtira.

 

 

 

Ainsi, Mesdames et Messieurs, les deux axes qui structurent notre action, loin d’être exclusifs l’un de l’autre, se complètent au contraire au service de l’objectif qui est le nôtre de faire de Strasbourg la métropole des Deux Rives, ainsi que nous l’avons proposé au Gouvernement en réponse à un appel à projets qui a fait suite au Grenelle de l’Environnement.

 

Le rôle européen de Strasbourg, sa dimension internationale, tiennent en effet aussi, pour une large part, à sa position frontalière, et à la place qui a été et demeure celle de la ville dans les relations entre la France et l’Allemagne. Or Strasbourg n’a toujours pas de façade urbaine sur le Rhin. Elle n’offre pour vis-à-vis à sa voisine allemande de Kehl que le paysage de la zone industrielle du port du Rhin, au cœur de laquelle se trouve enclavé le quartier qui a été le cadre des exactions les plus graves commises en marge du Sommet de l’OTAN.

 

Réunis le 4 mai dernier en un Conseil municipal commun, les élus de Strasbourg et ceux de Kehl, sous la conduite de mon ami l’Oberbürgermeister                   Günther PETRY que je salue, ont décidé de l’élaboration d’un schéma directeur transfrontalier pour l’aménagement du secteur compris entre le bassin Vauban et la gare de Kehl.

 

Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce projet : le dossier que nous avons présenté, et dans lequel s’insère l’aménagement du secteur Vauban-Kehl, vise précisément à établir les fondements d’une métropole durable, solidaire, attractive, ouverte sur le Rhin et sur l’Europe.

 

Car, ainsi que je l’ai déclaré lors de la publication du rapport Balladur sur la réforme des collectivités territoriales, ce statut de métropole s’impose de toute évidence pour Strasbourg.

Bien évidemment, ce projet devra faire l’objet d’un grand débat public, permettant de préciser les champs de compétence des différentes collectivités et je m’investirai bien sûr personnellement dans ce débat lorsqu’il viendra au Sénat très prochainement.

 

Il y a un an, au moment même où nous inaugurions la précédente édition de cette manifestation, les premières rafales de la crise économique avaient déjà commencé à souffler fortement.

 

Il paraît aventuré de considérer aujourd’hui, comme certains avis pourraient nous y inciter, que la tempête est passée.

 

J’ai bien entendu le Président des Etats-Unis déclarer, à la fin du mois de juillet, que « nous sommes peut-être au début de la fin de la récession ». Comme vous, j’ai bien vu qu’à la bourse de Paris le CAC 40 avait augmenté de 9% depuis le début de l’année … sans parler des 90% de hausse de la bourse de Shanghai ! Les cours des matières premières ont, eux aussi, repris de la vigueur.

 

 

Mais il reste de lourdes préoccupations : dans le même temps, les taux de chômage sont à la hausse : 8% aux Etats-Unis, près de 10% en France, ce qui ne peut pas être sans conséquences sur le niveau de la consommation des ménages. Dans l’agglomération de Strasbourg même, et en Alsace, les licenciements se multiplient, et tous les responsables politiques doivent être obsédés par le drame permanent que représentent le chômage et la précarité pour des centaines de ménages. La crise ne sera jamais terminée tant qu’elle laissera certains de nos concitoyens au bord de la route. L’Organisation Mondiale du Commerce annonce une chute globale de 10% des échanges en 2009. Et les déficits budgétaires des Etats ont désormais atteint, dans de nombreux pays, la limite du supportable.

 

Il ne manque donc pas d’éléments qui conduisent à considérer la situation avec circonspection et à l’appréhender, au niveau de la Ville comme de la CUS, avec la volonté de contribuer à la relance mais sans céder à la tentation de la fuite en avant. Je ne crois pas, pour ma part, que nous sortirons de cette crise pour retrouver, le moment venu, le statu quo ante. Mêmes si certaines grandes banques croient pouvoir dès aujourd’hui provisionner des sommes astronomiques pour financer les bonus, les stock-options et autres retraites chapeaux comme si rien ne s’était passé.

 

Je pense que cette crise aura au moins conduit à réaffirmer la nécessité, la légitimité et l’efficacité de l’action publique. Face à l’ultra-libéralisme, la régulation est plus que jamais nécessaire !

 

Les deux axes que je viens d’évoquer : prise en charge de l’avenir commun, d’une part, et, d’autre part, mise en œuvre d’une politique de proximité au service des habitants, sont ceux qui structurent l’action que nous conduisons au service de Strasbourg, de sa Communauté urbaine et de nos concitoyens.

 

A l’articulation de ces deux axes qui structurent notre action, le projet « Strasbourg, métropole des Deux-Rives » que nous avons engagé, a pour ambition d’inscrire dans le paysage urbain l’objectif qui est le nôtre de faire de Strasbourg une métropole durable, solidaire, attractive, ouverte sur le Rhin et sur l’Europe. Il s’agit, en bref, de nous faire rejouer, si je puis dire, en première division des villes européennes qui comptent : être exemplaires dans l’aide à la vie quotidienne de nos concitoyens tout en anticipant les mutations nécessaires et en faisant rayonner Strasbourg. C’est notre ambition. Elle est haute mais elle est réaliste tant les atouts de notre métropole sont nombreux.

 

Je suis pour ma part déterminé. Les élus et les services de la Ville et de la CUS sont mobilisés. Les grands axes stratégiques sont tracés ! Les projets sont définis et ne manquent pas, bien au contraire !

 

Face à la conjoncture, pour défendre l’attractivité et le rayonnement de Strasbourg, et faire progresser le vivre ensemble des habitants de son agglomération, nous sommes en ordre de bataille. Je souhaite qu’à cette dynamique, continuent à s’associer ou viennent se joindre tous les acteurs publics et privés qui peuvent aider à cette formidable ambition !

 

Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, pour votre attention et j’ai le grand plaisir de céder à présent la parole à mon ami Michel ROCARD.

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mercredi 9 septembre 2009 posté par philippe Bies dans Actualités

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