DNA du 11 janvier 2009 : la soupe populaire, les élus et le cariste

Roland Ries, maire de Strasbourg, et trois élus de la majorité municipale ont visité vendredi quelques-unes des structures les plus impliquées dans le plan d’urgence hivernal. Reportage place Kléber où la Croix-Rouge assurait sa distribution alimentaire bi-hebdomadaire.

Son bonnet enfoncé jusqu’au bas des oreilles, Alexandre se régale de la soupe accompagnée d’une knack qu’un des bénévoles de la Croix-Rouge vient de lui servir depuis la camionnette stationnée place Kléber, à proximité du sapin de Noël.
 « C’est le rituel soupe-saucisse-charcut’-fromage auquel on a droit le mardi et le vendredi soir. Il paraît que c’est préparé par un traiteur. En tout cas, c’est excellent », appuie Alexandre. François – des lunettes fines, un manteau sombre – opine du chef et précise : « Si ça pouvait se faire près des bancs, ce serait plus pratique. On pourrait se poser. Là, il arrive qu’on soit un peu serrés autour de la camionnette. »
 Ce vendredi, ils ne sont qu’une vingtaine, de tous âges, à la distribution. « On est souvent le double. Avec le temps qu’il fait, il faut du courage pour sortir », avance Alexandre qui disparaît presque derrière l’épais panache de buée accompagnant ses paroles.

La colère de Frédéric

 Vers 20 h 40, le maire Roland Ries fait son apparition accompagné notamment des adjoints Marie-Dominique Dreyssé et Philippe Bies, du conseiller municipal délégué aux affaires relevant du CCAS (*) Michaël Schmidt et d’Armand Perego, président du comité départemental de la Croix-Rouge.
 « Nous sommes déjà passés à Fritz-Kiener (**) et au fort Kléber à Wolfisheim (lire encadré). Nous voulons voir ce qui pourrait être amélioré dans l’accueil d’urgence », explique Philippe Bies.
 « Nous envisageons ainsi des travaux d’humanisation du foyer Fritz-Kiener pour passer de dortoirs à des chambres pour 1 ou 2 personnes », complète Michaël Schmidt.
 Pendant que les élus se mêlent à l’assemblée, Frédéric s’approche. « Je suis cariste de formation. Ça fait 3-4 ans que je survis grâce au RMI et à de rares missions de travail temporaire. Vous avez remarqué qu’il y aura bientôt plus d’agences d’intérim que de boulangeries ? », lance-t-il, sur un ton presque amusé. Il poursuit, plus gravement : « C’est quelque chose, cette précarité. On vole l’ouvrier. On le traite en esclave. Heureusement qu’il y a la soupe populaire. J’ai encore un toit grâce à ce que j’avais mis de côté. Mais je n’en ai plus pour longtemps. »
 Les assiettes sont vides, on repart avec quelques denrées distribuées en fin de service. Les élus poursuivent leur tournée. Frédéric et les autres échangent encore quelques paroles avant de disparaître dans la nuit.

Manuel Plantin

(*) Centre communal d’action sociale. (**) Le centre d’accueil et d’hébergement municipal, spécialisé dans l’accueil d’urgence.

Édition du Dim 11 jan. 2009

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dimanche 11 janvier 2009 posté par philippe Bies dans Actualités, Habitat + Logement

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