un triste week end à Reims

Reims s’est terminé comme Rennes. Jeune militant en 1990 j’avais assisté à cette bataille où la haine avait supplanté tout le reste. Je ne suis pas allé à Reims et au soir de ce congrès je ne le regrette pas.
 
Quel spectacle affligeant donné en direct sur les chaînes de TV par nos dirigeants. Tous ont appelé à l’unité, aucun n’a été capable de la construire. En fait, au – delà des effets de tribune, tout était joué d’avance.
 
Tout d’abord ce front anti – Ségolène qui s’est constitué sans oser s’afficher publiquement. Je ne suis pas un fervent partisan de Ségolène ROYAL, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je trouve pitoyable l’attitude de mes camarades à son encontre. Que lui reproche t on ? De savoir s’adresser aux français aussi bien qu’aux socialistes ? De vouloir adapter le PS à l’évolution du monde ? De faire le constat que face à l’affaiblissement des communistes, une autre stratégie devait être élaborée sans rompre avec le rassemblement à gauche? Franchement ce refus de discuter avec elle me semble mortifère pour toute la gauche.
 
Mais admettons que DELANOE et AUBRY aient raison. Ils auraient du s’entendre alors ! Sur le fond rien ne les sépare, ils ont la même vision du PS. Ils n’ont même pas réussi à se mettre d’accord sur un nom ! Le plus pitoyable dans cette histoire est sans doute Bertrand DELANOE dont j’ai pourtant signé la motion. Quand on est un responsable politique de son niveau, on ne peut rester spectateur et regarder le train de la désunion passer sans agir. Pour moi il s’est durablement décrédibilisé.
 

Alors oui c’est vrai, ce sont les militants qui vont choisir et c’est la force du Parti Socialiste. A l’heure où j’écris ces quelques lignes je n’ai pas encore décidé de mon vote, comme beaucoup d’adhérents sans doute. Une chose est sure : je voterai pour une femme.

dimanche 16 novembre 2008 posté par philippe Bies dans Actualités

8 Réponses à “un triste week end à Reims”

  1. oxo dit :

    Et bien vous ne maniez pas la langue de bois ! J’espère que localement vous saurez faire tout le contraire de ce qui s’est passé à Reims.

  2. monique du neudorf dit :

    bel article m bies , mais pour qui voterez vous maintenant que les elephants du parti ont repris le pouvoir …..avec comme seul et unique but de faire barrage à mme royal !!!grace à eux sarko and co encore de belles années devant eux

  3. Philippe Bies dit :

    De mon point de vue les deux candidatures sont respectables. Néanmoins, convaincu que la vision de Ségolène ROYAL, malgré des aspects qui m’indisposent, est la seule qui nous permettent à terme de préparer une alternative crédible et de gauche (j’entends par là une réelle mise à jour du « logiciel socialiste » et non de simples discours de congrès comme par exemple Laurent FABIUS samedi dernier encore), je voterai pour Ségolène ROYAL et Vincent PEILLON (ils forment un ticket) le 20 novembre prochain. Au delà des personnes, je privilégie le mouvement à l’immobilisme. C’est pour moi une façon de respecter la tradition socialiste.

  4. Exils dit :

    Monsieur Bies,

    Vos prises de position sont comme d’habitude claires etayées et cohérentes. C’est assez rare par les temps qui courent pour être souligné.

    Si je reconnais volontiers que depuis le 16 mars, l’air est devenu bien plus léger et agréable aux habitants de notre ville, j’avoue que le triste spectacle des élites du PS au plan national me fait éprouver un réel sentiment de désenchantement.

    Alors que la crise fragilise la grande majorité de nos concitoyens, que le sarkozysme triomphant réduit chaque jour davantage les acquis sociaux, je ne vois, pour toute réponse à ces problèmes graves que batailles d’égo, tactiques d’avant congrès, de congrès et, n’en doutons pas d’après congrès.
    Je ne vois que stratégies d’alliances à géométrie variable selon les appétits des uns ou des autres.

    Je suis, quant à moi, un militant de base de ce parti, viscéralement et indéfectiblement de gauche et j’aimerais que la-haut, dans la stratosphère des élites formatées dans les mêmes écoles et qui ne semblent pas souffrir outre-mesure du manque matériel, quelqu’un se mette ou se remette à avoir mal à l’autre…

    Parceque finalement et je sais que vous partagez ce point de vue, personne ne peut prétendre inventer l’avenir s’il n’a pas d’abord mal aux autres…

  5. Gabriel dit :

    Cher Philippe

    Un ami commun m’a informé de votre blog en me précisant nos convergences de vue. Je le confirme et bien que n’étant pas militant du PS, je partage à 100% votre analyse.

    J’appréciais Delanoé mais son appel au front anti-Royal (comment nommer ça autrement ?) m’a consterné. Comment mépriser à ce point le vote premier des militants ? N’est-ce pas la marque ultime de cette politique politicienne, dont nous, citoyens de tous bords, nous ne voulons plus ?
    Oui, Royal a des défauts, oui elle se contredit parfois, oui elle bouscule les standards des partis.. et alors ? Voulez-vous gagner en 2012 ? Royal est autant aimée que méprisée mais elle a un énorme mérite, elle "tranche" ! Elle bouscule !! Elle admet qu’un accord avec Bayrou est envisageable et c’est tant mieux !! Sinon, aucune chance de gagner !

    Un boulevard énorme vous est offert par cette crise et de voir d’abord ces batailles d’égo d’un autre âge me navrent à un point que vous pouvez imaginer, j’en suis certain.

    Bravo encore pour l’honnêteté absolue de votre analyse.

    Un vieux compagnon de route…

  6. 12 mai 76 dit :

    L’analyse de Monsieur Bies est interessante mais me semble en partie inexacte. Avec 29,5% des voix contre 25% à ses camarades l’écart serré ne justifie pas que l’on dise que le vote des militants a été clair en sa faveur et que seule sa candidature s’impose.Par contre je trouve que la sévérité des comentaires sur ce congrès est dure: c’est finalement le seul parti de France dont les membres décident de son destin et par là le plus démocratique, malgré le bazar.

  7. Philippe Bies dit :

    @ 12 mai 76 : mon analyse ne porte pas sur les résultats des motions mais sur l’analyse et sur la rigidité de certains et sur leur incapacité à évoluer. Il ne suffit pas de constater que tout bouge et change autour de nous sans en tirer les conséquences, y compris dans nos comportements. Sauf à considérer que depuis quelques années nous avons tout juste et que ce sont les français, notamment les plus progressistes, qui ne comprennent rien et qui ont tout faux. @ Gabriel : d’accord avec toi (on se tutoie comme au bon vieux temps !) sauf sur l’alliance avec le MODEM. Aujourd’hui le débat ne se pose pas en ces termes. Si un jour cette question devait se présenter, je souhaite simplement rappeler ici que des socialistes ont fait alliance avec le MODEM aux dernières municipales comme à Lille (AUBRY) ou à Dijon (REBSAMEN). A Strasbourg, c’est le MODEM qui a rejetté la proposition de Roland RIES de nous rejoindre.

  8. Gabriel dit :

    Cher Philippe

    "Le débat ne se pose pas en ces termes" ? Ah bon ? Mais il en a été bigrement question à Reims puisque c’est le principal reproche fait à Royal. Foin d’hypocrisie ! Le PS, seul ne pourra jamais gagner !
    Ton parti est pris dans un grand écart entre centrisme gauchisant son discours pour cause de Sarkozysme et une "gauche toute" avec laquelle vous n’avez rien en commun. Sauf à contester l’économie de marché.

    Post Scriptum :
    Je ne veux pas faire de ce blog un lieu de débat si ce n’est pas l’objet donc pardon d’avoir remis un commentaire. Mais le sujet me passionne fortement… Bonne route à toi

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